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UNE vingtaine de porteurs de l’emblème amazigh hier devant la justice

4 mandats de dépôt, 5 contrôles judiciaires et des relaxes

Solidarité avec les détenus d’opinion devant le tribunal de Sidi M’hamed. © Louiza Ammi/Liberté

Pour un seul chef d’accusation, le port de l’emblème amazigh, le juge d’instruction près le tribunal  de Sidi M’hamed a ordonné quatre mandats de dépôt et cinq contrôles judiciaires.

Une vingtaine de manifestants, arrêtés vendredi 1er novembre à Alger, essentiellement pour port de la bannière amazighe, ont été présentés, hier, devant les procureurs de la République près les tribunaux de Sidi M’hamed, d’El-Harrach, de Dar El-Beïda, de Bir Mourad-Raïs et de Bab El-Oued. Les magistrats ont ainsi appliqué une consigne de leur syndicat national, relative au service minimum qui prend ésormais en charge le prononcé des verdicts dans les affaires en délibéré et le sort des personnes en garde à vue. 
Et si les détenus présentés devant les différents tribunaux de la capitale ont eu droit soit à la relaxe, soit au contrôle judiciaire, le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed, comme pour ne pas déroger à la règle, a ordonné quatre mandats de dépôt, en plus de cinq contrôles judiciaires. 
Les avocats ont boycotté les auditions dès que le juge d’instruction a ordonné la détention préventive contre Raouf Raïs. Ils n’ont pas compris pourquoi les uns avaient été relâchés et les autres envoyés au centre pénitentiaire d’El-Harrach, dès lors que tous les jeunes arrêtés vendredi dernier sont poursuivis pour le même chef d’accusation : le port de la bannière amazighe sur la voie publique. Tôt dans la matinée, des dizaines de citoyens et de militants politiques se sont rassemblés devant l’arrière façade du tribunal d’Alger-Centre, exigeant la libération immédiate et inconditionnelle de onze prévenus présentés devant cette juridiction. Ils ont crié très fort pour que leur soutien parvienne aux oreilles des personnes arrêtées et à celles des magistrats chargés de trancher leur cas. “Libérez Raouf, libérez Ali, Libérez Messaoud...”, ont-ils repris inlassablement, en citant les prénoms de leurs camarades. Sporadiquement, des avocats se mettaient à la fenêtre au premier étage du bâtiment qui abrite le tribunal sis à la rue Abane-Ramdane, encourageant la petite foule à continuer à animer le rassemblement. 
À 14h, les avocats ont informé que les onze hirakistes avaient été renvoyés devant le juge d’instruction de la Chambre n°1. 
Au même moment, leurs collègues apportaient une bonne nouvelle du tribunal de Bab El-Oued. Le blogueur Youcef Belourli est relaxé, après que le magistrat eut requalifié les faits d’atteinte à l’unité nationale et d’incitation à attroupement. Khelifa Bourezg, arrêté par la brigade de gendarmerie de Bab Ezzouar vendredi dernier pour avoir exprimé sur des pancartes des slogans hostiles au régime, est ressorti également libre du bureau du procureur de la République près le tribunal de Dar El-Beïda. Il est, néanmoins, convoqué pour audition le dimanche 24 novembre. 
Les premiers échos émanant du tribunal de Sidi M’hamed sont encourageants. Haddadène Madjid, arrêté le jeudi 24 octobre lors de la marche des avocats pour avoir déployé l’emblème amazigh, est placé sous contrôle judiciaire. 
Il s’était présenté, hier, volontairement au tribunal. 
Il a été relâché le 28 du mois écoulé à l’expiration de la durée légale de la garde à vue, à cause de la grève des magistrats. 
Hathout Ahmed Ramzi, deuxième manifestant à comparaître devant le juge d’instruction, est, lui aussi, laissé en liberté provisoire, ainsi que  Saïd Messaoudène, Adel Omari et Fateh Zerrouk. Mais l’optimisme a été de courte durée.  L’activiste Raouf Raïs est placé sous mandat de dépôt. Messaoudi Khellafi, Fayçal Ghanem et Ali Yebbou le suivront en prison une heure plus tard. 
 

Souhila Hammadi



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