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Haute instance indépendante de surveillance des élections

Abdelwahab Derbal nommé officiellement président

Abdelwahab Derbal, président de la Haute instance indépendante de surveillance des élections. ©D. R.

Le cabinet de la présidence de la République indique avoir procédé par écrit à une consultation sur la question de l'ensemble des partis politiques agréés, qui sont au nombre de 70.

Le président Bouteflika a, sans surprise, procédé à la signature du décret présidentiel portant nomination d’Abdelwahab Derbal président de la Haute instance indépendante de surveillance des élections.
Cette nomination avait été, rappelle-t-on, précédée par une opération de consultations menée par le cabinet de la présidence de la République, visant à recueillir l’avis de la classe politique sur la désignation de l’ancien cadre d’Ennahda à la tête de cette instance instituée par la nouvelle Constitution adoptée en février 2016. Le gros des partis de l’opposition s’était refusé à s’exprimer sur cette proposition elle-même, estimant que la problématique de la surveillance des élections devrait être prise en charge de manière globale, en prenant en considération la revendication de l’institution d’une commission indépendante.
Mais, la présidence de la République, visiblement rassurée par la réponse positive à sa proposition des nombreuses petites formations politiques qui gravitent autour du pouvoir, affirme, dans un communiqué, que la plupart des partis consultés “ont donné leur accord” à cette nomination, privilégiant par là la loi du nombre. Conformément aux dispositions de l'article 194 de la Constitution, et sur instruction du président de la République, le cabinet de la Présidence indique avoir procédé par écrit à une consultation de l'ensemble des partis politiques agréés, qui sont au nombre de 70.
Sur ce total, et à l'issue du délai convenu, la Présidence n’a reçu que 60 réponses. Pourquoi donc les dix partis restants, qui ont pourtant une existence légale, n’ont-ils pas daigné répondre à la correspondance de la présidence de la République ? Le communiqué ne donne aucune explication à ce sujet. Et sur la soixantaine de réponses reçues, la présidence de la République indique que “47 partis politiques ont clairement annoncé leur accord à la proposition faite par le chef de l'État”, alors que “9 partis ont exprimé des réponses réservées, au motif qu'ils avaient demandé la mise en place d'une instance indépendante chargée de l'organisation des élections”. Le même communiqué de la présidence ajoute que “4 partis ont émis des objections politiques sur toute la démarche suivie par les autorités nationales”.
Il apparaît évident que les avis émis par les partis de l’opposition sont à mettre dans ces deux dernières catégories et se retrouvent, de par la loi du nombre, en minorité absolue. Et c’est l’argument que retient la Présidence pour balayer d’un revers de la main les avis exprimés par ces formations. “Il ressort, ainsi, que les réserves ou oppositions formulées par certains partis sont étrangères aux dispositions de l'article 194 de la Constitution alors que la grande majorité des formations politiques consultées adhère à la proposition soumise par le chef de l'État”, assène, en effet, le communiqué de la Présidence.
Sur la base des avis exprimés publiquement sur la question, on peut facilement dire que dans ces deux catégories on devrait, notamment, retrouver Talaie El-Houriat de l’ancien chef de gouvernement Ali Benflis, le MSP, le RCD et le FFS. Dans sa réponse formulée à la correspondance adressée à son parti par le directeur du cabinet de la Présidence, M. Benflis avait carrément rejeté l’option des élections comme alternative à la crise multidimensionnelle que vit le pays, ne prenant même pas la peine de répondre, ni par l’affirmative ni par la négative, à la question posée quant à la nomination envisagée à la tête de l’instance de surveillance des élections. Le RCD avait, lui aussi, adopté la même attitude, se montrant critique vis-à-vis de la démarche, mais aussi indirectement du choix de Derbal dont le statut, selon le parti, est en contradiction avec la loi organique instituant l’instance.
Le FFS avait, de son côté, estimé que “commenter une nomination à la tête d’une structure est un usage qui n’a de sens que si on cautionne les conditions de mise en place de la structure en question qui émane d’une constitution non consensuelle”. Le MSP s’était également montré expéditif dans sa réponse à la proposition de la Présidence. “Ce n'est pas le choix de l'homme qui dérange, mais c'est la mise en place de l'instance même de surveillance des élections, les missions et prérogatives qui lui sont dévolues, la volonté politique qui manque pour organiser des élections transparentes”, avait répliqué le secrétaire général du parti, Abderrezak Makri.

Hamid SaÏdani



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2 réactions
kuider500 le 07/11/2016 à 11h46

nous savons ce qui c'est passé pour la présidentielle de 2014, la fraude était aperçu au grand jour, moins peut-être que nous sommes un peuple niais. pourtant il y avait aussi constitution démocratique.

népourêtrelibre le 08/11/2016 à 10h05

Même avec cette désignation de cet islamiste ne restituera aucunement la crédibilité des élections ni celles du passé encore plus celles de demain. Elles étaient toutes fausses et seront fausses. L'Algérie ne verra jamais la démocratie réelle tant que ce régime à sa tête Bouteflika est au pouvoir obtenu lors d'un putsch en 1962. Voir l'Argentine, la Bolivie, le Chili, l'Espagne d'aujourd'hui. le clan d'Oujda ça suffit. En plus, il se permet des soins à Grenoble. L'Algérie lui appartient.

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