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Médicaments résistant aux antimicrobiens

Appel à un plan d’action urgent

© D. R.

Des infectiologues et des microbiologistes ont tiré, hier, la sonnette d’alarme lors d’une journée d’étude organisée à l’INSP, à El Biar, sur les dangers de l’utilisation excessive et parfois anarchique des antimicrobiens.

L’usage excessif des antibiotiques est en train de prendre de l’ampleur en Algérie. En somme, ils ont plaidé pour revenir aux bonnes pratiques en termes de prescription médicale. Pour les microbiologistes qui se sont succédé à la tribune, le recours effréné à ce type de thérapie finira par engendrer à la longue une résistance aux antimicrobiens. Autrement dit, les infectiologues n’ont pas caché leur appréhension de se retrouver devant une impasse thérapeutique si l’on persiste à prescrire abusivement des molécules qui ont la propriété de détruire et de tuer les bactéries et les parasites.

Le ton a été donné hier par le Pr Salima Bouzeghouh de l’Institut Pasteur, qui a présenté les conclusions d’une enquête sur la résistance du VIH aux antirétroviraux en Algérie. Laquelle enquête a permis d’évaluer et de surveiller des souches de VIH en circulation et leur résistance. Le taux de résistance s’avère être en nette progression d’année en année.  L’étude a concerné 200 patients infectés. “Les patients traités étaient en échec virologique. 

Et cet échec s’explique par la résistance des virus”, avertira le Pr Bouzeghouh, qui dira que le taux de résistance primaire, estimé à 25,8%, est très élevé, puisqu’il dépasse le seuil toléré par l’OMS, qui est de 15%. Partant de ce constat, la conférencière ne manquera pas de tirer la sonnette d’alarme sur les dangers qui guettent les patients infectés par le VIH.

“La proportion de souches de VIH résistantes a nettement augmenté ces dernières années en Algérie.” Sur sa lancée, l’intervenante déconseillera le test de résistance après l’échec thérapeutique d’un traitement. Le test en question doit plutôt être utilisé avant la thérapie antivirale.

Cependant, le taux de résistance acquise du VIH aux antirétroviraux est pratiquement passé, en 18 ans, du simple au double. La proportion de résistance, qui était en 2001 de l’ordre de 37%, est estimée en 2019 à 67%. Ces chiffres plaident pour la mise en place d’un plan d’action urgent pour surveiller la résistance aux antimicrobiens.

La transmission des souches virales résistantes est devenue aujourd’hui un problème de santé publique. Avant de conclure son exposé, le Pr Salima Bouzeghouh lancera un nouvel appel aux pouvoirs publics pour la mise en place d’un programme national de surveillance de la résistance du VIH aux thérapies antivirales.

Elle insistera également sur l’intérêt de la généralisation du test de résistance avant la découverte de toute nouvelle infection. L’appel est donc lancé pour prendre des mesures politiques et techniques nécessaires pour échapper à une impasse thérapeutique où les souches microbiennes deviendraient insensibles au traitement.
 

Hanafi H.

 



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