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Expression directe des candidats sur les médias publics

Canal Algérie et la Chaîne III exclues

Djamel Kaouane, ministre de la Communication. © APS

Le ministre de la Communication, Djamel Kaouane, a justifié cette “éviction” des deux médias publics francophones par une “mise en conformité avec la loi” !

Canal Algérie et la radio Chaîne III sont exclues de l’expression directe des candidats comme cela se faisait précédemment, sous prétexte que la langue utilisée par ces deux médias publics n’est pas une langue officielle en Algérie. C’est là la dernière trouvaille du gouvernement à l’occasion des élections locales qui débutent aujourd’hui comme s’il ne s’agissait que de réglementer la langue d’expression des candidats alors qu’à côté et à longueur d’année, les responsables gouvernementaux, à commencer par le Premier ministre, continuent d’utiliser la langue française dans leur communication.
Interrogé, hier, sur cette exclusion qui ne dit pas son nom, le ministre de la Communication, Djamel Kaouane, a justifié cette éviction des deux médias publics francophones par une “mise en conformité avec la loi” puisque, selon lui, seules les deux langues nationales et officielles, à savoir l’arabe et tamazight, peuvent être utilisées. Le ministre, qui prenait part à la célébration du 55e anniversaire du recouvrement de la souveraineté nationale sur la télévision et la radio, a expliqué que la radio Alger-Chaîne III et Canal Algérie pouvaient seulement diffuser dans ces deux langues l'expression directe, précisant qu'il y avait déjà, par ailleurs, tous les autres segments pour contribuer à la campagne électorale, notamment les différentes émissions, les reportages et les couvertures. Cette “interdiction” ne va pas sans susciter quelques interrogations. Comment interpréter, en effet, cette sortie du ministre de la Communication qui intervient, notons-le, au lendemain du passage d’Ahmed Ouyahia sur les ondes de la radio Alger-Chaîne III où il n’a pas manqué d’évoquer précisément, en français, les prochaines échéances électorales ? Certes, le Premier ministre s’est exprimé dans la langue de Voltaire en sa qualité de secrétaire général du RND, une formation politique qui se revendique “novembriste”. De ce fait, et même si la déclaration du 1er-Novembre a été rédigée, bel et bien, en français, on peut conclure qu’Ouyahia n’aurait pas agi en conformité avec la loi puisqu’il aura utilisé une langue étrangère, de surcroît celle de l’ancienne puissance coloniale. Cette “mise en conformité avec la loi”, une première du genre, ne va pas sans rappeler, en outre, la fameuse loi portant sur la généralisation de l'utilisation de la langue arabe qui connaîtra dans son application des hauts et des bas avant d’être finalement abandonnée. Cette loi qui impose l'arabe classique comme unique langue de communication est restée quasiment lettre morte tant elle était, à maints égards, inapplicable sur le terrain. Faut-il rappeler qu’en vertu de cette loi, du reste toujours en vigueur, il est strictement interdit, à tout responsable et à tous les niveaux, d’utiliser une autre langue que la langue officielle ? Pour autant qu’on sache, les correspondances, les réunions et autres déclarations officielles continuent à se décliner en français sans complexe aucun. À quoi rime donc cette nouvelle interdiction d’un autre âge ?
Mohamed-Chérif LachichiCanal Algérie et la radio Chaîne III sont exclues de l’expression directe des candidats comme cela se faisait précédemment, sous prétexte que la langue utilisée par ces deux médias publics n’est pas une langue officielle en Algérie. C’est là la dernière trouvaille du gouvernement à l’occasion des élections locales qui débutent aujourd’hui comme s’il ne s’agissait que de réglementer la langue d’expression des candidats alors qu’à côté et à longueur d’année, les responsables gouvernementaux, à commencer par le Premier ministre, continuent d’utiliser la langue française dans leur communication.
Interrogé, hier, sur cette exclusion qui ne dit pas son nom, le ministre de la Communication, Djamel Kaouane, a justifié cette éviction des deux médias publics francophones par une “mise en conformité avec la loi” puisque, selon lui, seules les deux langues nationales et officielles, à savoir l’arabe et tamazight, peuvent être utilisées. Le ministre, qui prenait part à la célébration du 55e anniversaire du recouvrement de la souveraineté nationale sur la télévision et la radio, a expliqué que la radio Alger-Chaîne III et Canal Algérie pouvaient seulement diffuser dans ces deux langues l'expression directe, précisant qu'il y avait déjà, par ailleurs, tous les autres segments pour contribuer à la campagne électorale, notamment les différentes émissions, les reportages et les couvertures. Cette “interdiction” ne va pas sans susciter quelques interrogations. Comment interpréter, en effet, cette sortie du ministre de la Communication qui intervient, notons-le, au lendemain du passage d’Ahmed Ouyahia sur les ondes de la radio Alger-Chaîne III où il n’a pas manqué d’évoquer précisément, en français, les prochaines échéances électorales ? Certes, le Premier ministre s’est exprimé dans la langue de Voltaire en sa qualité de secrétaire général du RND, une formation politique qui se revendique “novembriste”. De ce fait, et même si la déclaration du 1er-Novembre a été rédigée, bel et bien, en français, on peut conclure qu’Ouyahia n’aurait pas agi en conformité avec la loi puisqu’il aura utilisé une langue étrangère, de surcroît celle de l’ancienne puissance coloniale. Cette “mise en conformité avec la loi”, une première du genre, ne va pas sans rappeler, en outre, la fameuse loi portant sur la généralisation de l'utilisation de la langue arabe qui connaîtra dans son application des hauts et des bas avant d’être finalement abandonnée. Cette loi qui impose l'arabe classique comme unique langue de communication est restée quasiment lettre morte tant elle était, à maints égards, inapplicable sur le terrain. Faut-il rappeler qu’en vertu de cette loi, du reste toujours en vigueur, il est strictement interdit, à tout responsable et à tous les niveaux, d’utiliser une autre langue que la langue officielle ? Pour autant qu’on sache, les correspondances, les réunions et autres déclarations officielles continuent à se décliner en français sans complexe aucun. À quoi rime donc cette nouvelle interdiction d’un autre âge ?


Mohamed-Chérif Lachichi

 


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