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Le Pr Belaïd Abane réplique à Daho Ould Kablia

“C’est une prime au crime maffieux”

© Liberté

Le Pr Abane qualifie l’ancien ministre de l’Intérieur d’“affabulateur”, car, explique-t-il, “à l’époque où Abane Ramdane était un des dirigeants de la Révolution, Ould Kablia était étudiant à Montpellier”.

“C’est une déclaration criminelle. Il s’agit là d’un legs désastreux à notre jeunesse, à un moment où on parle d’instauration d’un État civil et de droit, Daho Ould Kablia donne quitus à une suppression physique à la mode maffieuse d’un dirigeant de la Révolution.” C’est ainsi qu’a réagi hier le Pr Belaïd Abane, l’auteur de l’ouvrage Nuages sur la révolution, Abane dans la tempête, aux déclarations controversées de Daho Ould Kablia, actuel président de l’association des anciens du Malg, sur la liquidation physique de l’architecte de la Révolution, Abane Ramdane, en 1957. Le Pr Abane qualifie de “tragédie” cette sortie médiatique de l’ancien ministre de l’Intérieur, surtout, dit-il, venant “d’un homme âgé et qui a occupé de hautes responsabilités au sein de l’État”. Le fait que ce pavé dans la mare intervienne en pleine célébration de l’anniversaire du déclenchement de la guerre de Libération nationale constitue, d’après Belaïd Abane, une circonstance aggravante pour Daho Ould Kablia et un mauvais message pour la jeunesse algérienne, en ce sens qu’il promeut la violence et la liquidation physique.
Le Pr Abane considère d’ailleurs Ould Kablia comme “un pur produit de la force brutale découlant de la ‘boussoufication’ (allusion à Abdelhafid Boussouf) des esprits”, tout en affirmant refuser de mettre dans le même panier tous les membres du Malg.
Notre interlocuteur retient, en effet, le rôle important de ce service dans le combat libérateur. “Ce n’est pas tout le Malg qui est pourri. Le Malg est certes un cercle interlope, mais il n’a pas eu que des assassinats. L’immense majorité des Malgaches ont fait leur devoir pour la libération du pays”, tient-il à préciser, afin d’éviter les possibles amalgames autour de ses déclarations. Le Pr Abane estime, cependant, que la “boussoufication des esprits” dont il parle a provoqué “un désarmement moral et éthique de la société algérienne qui voit, aujourd’hui, la force et la ruse prendre le dessus sur l’intelligence”. Mais pourquoi cette sortie controversée d’Ould Kablia ? Pour Belaïd Abane, en agissant ainsi, l’ancien ministre de l’Intérieur veut, d’une certaine manière, montrer patte blanche devant un clan qu’il a, d’une certaine façon, trahi en critiquant, récemment et violemment, le pouvoir en place, à sa tête le président Bouteflika.
“C’est d’une certaine manière un gage de fidélité au clan. En somme, du rétropédalage. Parce qu’il avait heurté le clan par ses critiques. Il fallait qu’il dise : ‘Non, je n’ai pas dévié de la ligne’”, assène-t-il. C’est là la seule explication à ce pavé dans la mare jeté par l’ancien ministre de l’Intérieur sous Bouteflika, d’après le Pr Abane. “Il s’agit d’un plaidoyer pro domo. Il défend l’esprit d’un clan et se sent obligé de parler comme un boussoufiste”, poursuit le Pr Abane. Celui-ci va jusqu’à qualifier l’auteur de cette attaque contre l’architecte de la Révolution d’“affabulateur”, car, explique-t-il, “à l’époque où Abane Ramdane était un des dirigeants de la Révolution, Ould Kablia était étudiant à Montpellier”. “Comment peut-il parler de la personnalité qu’il dit hautaine d’Abane, alors qu’il ne l’a pas connu ?”, s’interroge le
Pr Abane, qui dénie donc à Ould Kablia le droit de rapporter des témoignages qui ne sont, en fait pas les siens, mais “des propos rapportés”. Le Pr Abane affirme que lorsque l’actuel président de l’association des anciens du Malg avait été sollicité par Mustapha Laliam pour rejoindre les rangs de la Révolution, “il lui avait répliqué, façon de dire niet, qu’il était Marocain”. Le Pr Abane n’arrive pas à comprendre : “Comment peut-on s’en prendre et de manière récurrente à quelqu’un qui a tant donné à la Révolution comme Abane Ramdane.” “Il avait la gravité de la Révolution, ce qui contrastait avec la légèreté d’un personnage comme Boussouf. Abane était un drogué de la Révolution et les militaires ne supportaient pas qu’Abane ait la double casquette de politique et d’activiste en même temps”, explique-t-il à ce sujet. Le Pr Abane estime, par ailleurs, que les propos d’Ould Kablia sur Abane Ramdane “dénotent d’une ignorance totale des rapports de force au sein de la direction de la Révolution”. “Il confond la direction du FLN avec Boussouf. Il ne dit pas que les politiques au sein du CCE, entre autres Ben M’hidi et Ferhat Abbas, étaient du côté d’Abane”, ajoute le Pr Abane.


H.S.


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