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Zones frontalières

Convertir les transactions informelles en activités légales

Ali Bey Nasri, président de l’Anexal. © D.R.

Il devient impératif de lancer des investissements adéquats en créant des zones d’industrialisation et des plateformes à l’export tout en améliorant les conditions sécuritaires dans ces régions.

L’aménagement et le développement des zones frontalières auxquels aspire le gouvernement ne peuvent être réalisables sans la mise en œuvre d’une véritable stratégie. Dans ces espaces limitrophes avec les pays voisins où les habitants se plaignent de l’inexistence d’une quelconque activité économique, industrielle ou commerciale, seul le “trabendo” (le commerce informel) et la contrebande règnent en maître. L’objectif préalable et primordial dans ce projet d’envergure, que compte lancer le ministère du Commerce, est de réussir ainsi à convertir ces transactions informelles en une activité légale et officielle. L’Algérie, faut-il le souligner, s’ouvre sur sept pays avec douze wilayas frontalières sur plus de 6 340 km de frontières terrestres dont une vaste façade africaine de 2 400 km. Si l’on veut développer ces bandes frontalières sur toute cette superficie, il serait impératif d’y lancer des investissements adéquats en créant des zones d’industrialisation et des plateformes à l’export tout en améliorant, bien entendu, les conditions sécuritaires. Ce qui, par conséquent, va atténuer déjà toutes les subventions de transport à destination du sud du pays, pratiquées actuellement. Ensuite, cela va stabiliser les populations y résidant grâce aux emplois qui seront créés. Le président de l’Association des exportateurs (Anexal), Ali Bey Nasri, propose la mise en place de zones franches d’exportation. Ce sont autant de plateformes “dont l’une, Sud-Sud, à Aïn Guezzam, tournée vers les pays tels que le Niger, le Mali, le Nigeria, le Tchad. Une autre, à projeter à Tindouf, sera orientée vers la Mauritanie et atteindra par extension le Sénégal et la partie ouest du Mali. La troisième plateforme, qui pourrait être édifiée à Illizi, ciblerait le côté Est dont des pays comme la Libye et le Sud tunisien”, suggère M. Nasri. “Nous allons, de ce fait, capter tous les achats du Niger et surtout ceux du Nigeria. Car nous serons dotés d’une compétitivité à dégager à partir de la logistique”, affirme-t-il. Le projet peut démarrer, selon le président de l’Anexal, avec ces zones franches à l’export, mais se consolidera ensuite à l’aide d’industries de transformation. Ces installations industrielles seront dédiées à la production de concentrés de fruits, pour ne citer que cet exemple, dont les importations avoisinent les 270 millions de dollars chaque année. L’on peut citer la mangue qui est presque gratuite au Mali, alors que l’Algérie importe ce fruit sous forme de concentré. Ce développement économique assurera, par voie de conséquence, une stabilisation au niveau de toute cette bande frontalière. Ce qui est synonyme également d’une baisse sensible du phénomène de l’immigration clandestine vers notre pays. Mieux, la route transsaharienne peut constituer, en outre, un instrument non négligeable pour atteindre les pays africains. Aujourd’hui, ce moyen est malheureusement inexploité, regrette Ali Bey Nasri. Par ailleurs, le Grand-Sud peut être un gros pourvoyeur de produits bio non seulement pour le nord du pays, mais aussi au profit du Vieux Continent où ce type d’aliments est très prisé. Une chose est certaine, “de par sa situation géostratégique, l’Algérie peut améliorer le pouvoir d’achat des citoyens nigériens et maliens”, estime ce spécialiste du commerce extérieur.
En tout cas, si l’Algérie rechigne à s’installer dans ces régions, d’autres pays le feront à sa place. Le Maroc, très actif sur le continent, est en train d’investir largement au Mali, qui est d’ailleurs devenu son premier client en Afrique.


B. K.

 


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