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ILS SE SONT EXPRIMéS POUR LA PREMIèRE FOIS SUR L’ALGéRIE

Des sénateurs français prennent fait et cause pour le mouvement populaire

© D.R.

Le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères au Sénat français, Jean-Baptiste Lemoyne, a considéré que l’intérim du président de l’État, Abdelkader Bensalah, avait été dépassé le 9 juillet dernier et, du coup, cette présidence provisoire est entrée dans l’illégalité. “La situation en Algérie est complexe (...) On a pu constater que le terme de la période d’intérim prévu par la Constitution algérienne pour l’organisation de l’élection présidentielle avait été dépassé le 9 juillet dernier”, a affirmé M. Lemoyne dans un rapport de la séance et publié sur le site du Sénat français. M. Lemoyne, qui répondait au sénateur du Rassemblement démocratique et social européen, Olivier Léonhardt, qui avait interpellé, mercredi dernier, le Premier ministre, Édouard Philippe, sur la situation politique qui prévaut en Algérie, a estimé que “deux voies parallèles continuent de coexister : celle des manifestants, qui expriment une aspiration forte et profonde à ouvrir un nouveau chapitre de l’Algérie, et celle des autorités, qui repose sur la volonté de faire en sorte que la Constitution algérienne puisse s’appliquer en l’état”. Relancé par la sénatrice du Parti socialiste, Marie-Pierre de la Gontrie, M. Lemoyne a indiqué que “le seul souhait de la France est que les Algériens trouvent ensemble les chemins d’une transition démocratique. C’est ce que nous espérons pour l’Algérie, compte tenu de la densité et de la profondeur des liens humains qui nous rattachent à ce pays”. Il révélera que le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, “a récemment eu l’occasion de le dire à son homologue algérien, Sabri Boukadoum, lorsqu’il l’a rencontré à l’assemblée générale des Nations unies”.

Pour M. Lemoyne, “il n’y a qu’une solution, le dialogue démocratique”. Et au sénateur Léonhardt de revenir à la charge : “Ma question était très simple : qu’allez-vous faire pour que ces opposants, ces citoyens algériens, puissent être libérés ? Ils sont aujourd’hui en prison sans aucune raison (…) Je compte recevoir une réponse un peu plus précise que celle que vous venez de nous donner.” Du reste, M. Léonhardt a estimé que “le silence du gouvernement sur ces événements est chaque jour plus gênant”, déplorant qu’“un nouveau cap a été franchi par la junte au pouvoir, avec des arrestations arbitraires et l’incarcération de citoyens algériens qui expriment simplement leur opinion. Des militants associatifs du Rassemblement Actions Jeunesse ou de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme, eux aussi, sont arrêtés”. Et ce sénateur reconnaît que “chacun connaît les liens de la France avec l’Algérie, notamment en matière de lutte contre le terrorisme”. Il dira que cet état de fait ne devra pas laisser les Français indifférents. “Il est temps de condamner clairement les agissements contre le mouvement démocratique. À la faute morale, n’ajoutons pas une faute politique”. Tout en interpellant le gouvernement pour condamner les arrestations et les incarcérations d’opposants politiques en Algérie, le sénateur a estimé que “c’est bien le peuple algérien qui sera au pouvoir, tôt ou tard. (…) Ne passons pas du silence gêné au silence coupable !”. Rappelons que c’est la première fois qu’un débat a lieu au Parlement français sur la situation politique en Algérie.
 

FARID BELGACEM



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