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des journalistes réagissent

Entre stupéfaction et hostilité


Au lendemain de la publication, par la présidence de la République, d’une note qui sonne comme un rappel à l’ordre adressé à la communauté des journalistes, leur précisant que toute information officielle qui n’est pas publiée par l’agence APS est assimilable à de la “propagande et de la désinformation”, la plupart des professionnels du métier ont, en substance, indiqué que le communiqué n’avait guère été instructif, autrement surprenant et maladroit. Plus curieuse, voire révoltante est la deuxième partie du communiqué qui “affirme que les informations diffusées à travers tout média ou plateforme de communication au titre de scoop ou dans le but de faire accroire à l'opinion publique à une proximité de la source d'information sans respect des lois de la République et des règles de la déontologie exposeront leurs auteurs aux peines prévues par les lois de la République”.

Une mise en garde qui sonne bon gré mal gré comme un retour on ne peut plus clair à l’ère des interdits, où les journalistes étaient pris entre le marteau de la justice et l’enclume de ce qu’exige le métier comme valeurs, dont le devoir d’informer et la protection des sources. “On peut comprendre que la Présidence ait décidé de prendre des dispositions pour éviter que son message ne soit parasité ou brouillé. Mais cette décision ne doit pas se faire au détriment du droit d'informer. Nous attendons du nouveau président non pas de nouvelles restrictions mais plutôt qu'il facilite l'accès aux sources et qu'il permette aux journalistes d'exercer leur profession dans les meilleures conditions possibles et loin des pressions”, estime Zine Cherfaoui, journaliste et responsable du service international à El Watan, contacté par Liberté. Pour d’autres journalistes, il s’agit, pour certains, de désamorcer une relation malsaine entretenue — jusqu’ici — avec quelques médias triés sur le volet, alors que, pour d’autres, il est question, à travers cette note, de décourager toute velléité de fuiter et/ou de faire passer des messages par des canaux qui risquent d’échapper au contrôle. Pour Mustapha Hammouche, chroniqueur à Liberté, “c’est le pouvoir qui a instauré une relation de connivence entre lui et de nombreux médias, leur assurant des recettes publicitaires et de l’impunité contre une prise en charge servile de sa propagande. Il ne faudrait pas qu’il se présente en victime d’une pratique qu’il a instituée et dont les véritables victimes sont l’information et le public”.
Selon lui, s’il est normal qu’une institution choisisse un canal public pour délivrer ses messages, c’est au journaliste de ne pas se conformer à la fonction de destinataire passif de communiqués. “Il est de son droit et de son devoir d’aller à la quête de la vérité sans nulle autre restriction que la loi et la déontologie”, tranche le chroniqueur de Liberté. L’enjeu était de doter la Présidence d’un service de presse et de communication que “le prédécesseur de M. Tebboune a quasiment supprimé, lui, qui avait  la réputation de mépriser les médias, algériens en particulier”, pense Nordine Azzouz, directeur de la rédaction du journal Reporters. Il s’agit, selon lui, d’“un retour à l'orthodoxie selon laquelle l'information fournie par les services officiels de la Présidence doit passer par l'APS, agence officielle de l'État et du gouvernement algériens”. Cependant, la décision de la Présidence doit être comprise également comme “une façon de décourager toute velléité chez les collaborateurs du nouveau pouvoir de fuiter ou de faire passer des messages par des canaux qui risquent d'échapper au contrôle”.
Hamid Guemache, cofondateur de TSA (Tout sur l’Algérie), un site bloqué en Algérie de manière arbitraire depuis maintenant plusieurs mois, estime, quant à lui, qu’il est évident que l'information ne peut devenir officielle que “quand elle est diffusée par un canal officiel. Mais Il ne faut pas empêcher les journalistes de travailler et de chercher l'information. C'est leur rôle”. Pour le journaliste Hamid Goumrassa, il aurait été plus judicieux que la Présidence s’adresse aux parties du gouvernement responsables des fuites incriminées par le communiqué, plutôt que d’interdire aux organes de presse de chercher le scoop et la primeur. 
 

Ali Titouche



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