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La Fédération est implantée dans 47 wilayas après quatre mois d’existence

FNJE : un syndicat tout jeune et déjà… grand

© D.R.

Il y a une semaine, la tenue des premières Assises nationales sur la microentreprise est venue mettre sous les feux de la rampe une nouvelle organisation syndicale dénommée Fédération nationale des jeunes entrepreneurs (FNJE).
En quatre mois seulement, la FNJE a réussi à s’implanter dans 47 wilayas où elle dispose déjà de bureaux. Il y a lieu de noter que sur les 64 000 adhérents que compte l’organisation, 58 000 ont bénéficié d’un dispositif d’aides à l’emploi Ansej, Cnac et  Angem. Ce qui subodore des relents d’une opération de récupération politique qui ne veut pas dire son nom. L’intervention grossière du pouvoir dans cette création express laisse perplexe quant à son objet même. Ces premières assises se sont déroulées, pour rappel, en présence du Premier ministre, du secrétaire général de l'Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Abdelmadjid Sidi Saïd, et de pas moins de douze membres du gouvernement. “Libre et indépendante de toute tutelle administrative et de tout parti politique, elle tire son existence de ses membres et travaille uniquement dans le but de servir les jeunes entrepreneurs algériens”, est-il pourtant précisé sur le site électronique de la FNJE créé illico presto.
“Chabab fakhourouna bi raïsshoum” (les jeunes sont fiers de leur président), pouvait-on lire, ce jour-là, sur une banderole accrochée sur les lieux de réjouissance  à savoir la prestigieuse École de l'hôtellerie et de la restauration d'Aïn Benian, à
Alger, un établissement public dont la gestion est assurée par l’École suisse de Lausanne. Pour Abdelmalek Sellal, l’enjeu était de taille. Il s’agissait, pour lui, de rattraper probablement quelque peu sa “bévue” proférée dans la foulée de la campagne électorale de la présidentielle de 2014 lorsqu’il avait accepté, en dépit du bon sens, que des jeunes aient consacré des crédits Ansej pour…. se marier. En d’autres circonstances, le Premier ministre aurait parlé, sans aucun doute, de “détournement de fonds”. On se souvient également qu’au cours des interventions, une jeune et jolie femme avait dressé, pour sa part, un véritable panégyrique du président Bouteflika. Est-ce à dire que le ton est donné pour un cinquième mandat ? Imaginons maintenant un instant de jeunes entrepreneurs voulant se syndicaliser sans le soutien et l’aval de l’État. Le chemin serait certainement très ardu et semé de multiples embûches. Les syndicats autonomes sont là pour témoigner de ce véritable parcours du combattant qu’est la liberté syndicale en Algérie. Que penser donc de cette organisation qui a grandi trop vite ? Sa poussée de croissance rapide à la veille d’une importante échéance électorale suscite néanmoins de nombreuses interrogations. Pour beaucoup, la FNJE ne peut qu’être inféodée au pouvoir. Quelle crédibilité peut-on, en effet, accorder à une organisation dédiée à la défense des intérêts de jeunes entrepreneurs dont la plupart sont débiteurs auprès de banques publiques ? On se demande même comment les jeunes qui ont convolé en justes noces avec des crédits bancaires vont pouvoir rembourser leurs prêts obtenus auprès d’établissements publics ? Peut-être qu’en adhérant à la FNJE, bénéficieront-ils, à la fin, d’un rééchelonnement ou d’un effacement de dettes.


Mohamed-Chérif Lachichi

 



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