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La police a chargé violemment les manifestants

La marche des étudiants réprimée à Alger

La répression est montée d’un cran hier à Alger lors de la marche des étudiants. © Yahia Magha/Liberté

Malgré les dizaines d’arrestations, un groupe d’étudiants a réussi à passer entre les mailles du filet du dispositif policier pour tenter de marcher vers la Grande-Poste.

La 33e marche des étudiants a été violemment réprimée hier par la police qui a renforcé son  dispositif. Jamais depuis le début du mouvement populaire la police n’a agi de la sorte pour réprimer une marche pacifique, surtout celle des étudiants. Avec un impressionnant dispositif sécuritaire mis en place tôt dans la matinée, les forces de répression ont bouclé toutes les ruelles du centre-ville pour empêcher tout rassemblement des étudiants.

À la place des Martyrs d’où devait s’ébranler la marche, la police a chargé les premiers manifestants. Embarqués avec violence, les étudiants ont tenté de résister, mais c’était sans compter sur la volonté de la police à interdire la marche. Malgré les dizaines d’arrestations, un groupe d’étudiants a réussi à passer entre les mailles du filet du dispositif policier pour tenter de marcher vers la Grande-Poste. 

Sur place, un cordon de sécurité les accueille avec matraques et boucliers. Impossible pour eux de forcer le “barrage”. Face à l’énorme dispositif répressif, les étudiants ont rebroussé chemin pour marcher sur la rue Larbi-Ben M’hidi où ils ont improvisé un sit-in. Plusieurs manifestants seront encore arrêtés et embarqués dans les “paniers à salade” stationnés aux alentours. Sans distinction et sans discernement, par ses interventions musclées, la police interpellait tous ceux qui osaient marquer une halte à l’ex-rue d’Isly, provoquant des malaises parmi les manifestants.

Fort heureusement, un groupe de jeunes secouristes volontaires apportait son aide aux manifestants violentés, dont des jeunes étudiantes. Même de vieilles personnes n’ont pas échappé aux charges brutales de la police. C’est à ce moment-là que des citoyens de passage ont rejoint la marche. “Algérie libre et démocratique”, “Non aux élections avec les bandes de malfaiteurs”, “Tous pour un État civil”… sont, entre autres, les slogans scandés par les quelques étudiants qui ont échappé aux arrestations et par des citoyens qui ont tenu à prêter main-forte aux manifestants dans leur protestation.

Face à l’acharnement de la police à “vider” la ville des manifestants, un autre groupe d’étudiants s’est rassemblé devant la Faculté centrale. Assisté de plusieurs dizaines de citoyens, la marche ratée s’est vite transformée en un rassemblement où étudiants et citoyens ont tenu à réaffirmer, entre autres, leur rejet de la présidentielle du 12 décembre prochain. “Libérez les détenus, arrêtez les voleurs”, “Votre répression renforce notre détermination”, scandaient les manifestants face aux dizaines de policiers qui tentaient de les confiner à l’entrée de la Fac centrale.

Malgré la forte présence policière, les étudiants ainsi que les citoyens qui les ont épaulés ont tenu leur rassemblement et ont crié leur opposition à la feuille de route du régime.  Ils ont exigé, à l’occasion, la libération des détenus politiques.  Il faut souligner que l’adhésion des citoyens à la marche des étudiants a été essentiellement induite par la répression qui s’est abattue sur eux. 

En signe de solidarité et d’union, des dizaines de citoyens ont même tenté de s’interposer entre les étudiants et les policiers qui les chargeaient violemment. C’est ainsi qu’un vieux a courageusement empêché deux policiers   un jeune étudiant. Cette solidarité née entre manifestants, dès le début du soulèvement, est le signe annonciateur d’une grande maturité et d’un engagement inébranlable. Cette répression augure-t-elle d’un changement dans l’attitude du pouvoir face au mouvement populaire du 22 février ?

 

Mohamed Mouloudj   


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