Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

A la une / Actualité

Transferts sociaux et subventions

“La politique du gouvernement ne profite jamais aux défavorisés”


La politique des transferts sociaux pratiquée actuellement par le gouvernement doit faire l’objet d’une révision totale dans l’immédiat. C’est du moins ce que préconise l’analyste financier, Ferhat Aït Ali. Pour lui, le “système économique du pays a mené à la clientélisation de la société par injonction de fonds”. Le gouvernement, relève-t-il, “continuera à acheter ou louer la paix sociale qui, en fait, ne profite jamais aux couches défavorisées”. Plus explicite, l’expert affirme qu’“aux citoyens dont les salaires ne dépassent pas le SNMG, l’Exécutif a réservé une fausse paix sociale”. Face à une telle situation, M. Aït Ali attire l’attention des décideurs quant à la réaction, à l’avenir, de cette couche de la société. “Le jour où les citoyens qui composent cette catégorie sociale vont perdre l’espoir de voir leur situation s’améliorer, ils réagiront très mal”, avertit-il. C’est là où se situe réellement le danger pour le pays. Sinon, l’autre frange dont les revenus se situent entre 50 000 et 70 000 DA, qu’il qualifie d’ailleurs de “spécialistes des acquis sociaux”, eux, ne vont jamais entrer dans une sphère belliqueuse. Le poste des subventions inscrit au budget de l’État est évalué à 1 700 ou 1 800 milliards de dinars. Mais le poste des subventions directes pour les produits de consommation courante est de l’ordre de 

260 milliards de dinars/an. Dans ce même poste, l’on trouve aussi les subventions destinées aux hôpitaux d’un montant de 
300 milliards de dinars/an. Les pensions des moudjahidine figurent également sur ce poste. “Ce qui n’est pas logique. La pension des moudjahidine ne peut pas être un transfert social. C’est une catégorie historique ou politique, mais pas sociale”, avoue Ferhat Aït Ali. Il cite, en outre, les 490 milliards de dinars de subventions qui vont aux familles inscrites sous le chapitre “aide au logement social”. Interrogé sur le changement de la monnaie considérée comme l’une des solutions contre la crise financière que vit le pays, Ferhat Aït Ali, qui était hier l’invité du Forum de Liberté, répond : “Cela peut être une solution, mais si l’on doit changer la monnaie, ce sera pour donner de la valeur au dinar.” L’on peut changer la monnaie, suggère-t-il, mais dans le but de refaire la répartition du dinar dans les flux d’échange dans la société. “Il faudrait peut-être penser à une dévaluation massive du dinar pour créer plus de dinars, mais tout en les redistribuant de manière rationnelle et plus juste qu’avant. C’est un plan que l’on peut mettre en pratique, mais il faut du temps pour ça”, souligne-t-il. Pour cela, il faut, ajoute-t-il, une étude détaillée de tous ces flux pour ne pas causer d’incidents lors de ce passage vers le nouveau dinar. L’économiste propose aussi d’enlever les deux zéros au dinar afin “d’alléger la comptabilité nationale, ainsi que celle des ménages”. En termes plus clairs, il indique que si l’on divise la valeur du dinar en trois par rapport au dollar, c’est-à-dire une parité à 3 DA pour 1 dollar, l’on pourra avoir une masse monétaire gigantesque à la Banque d’Algérie. “En multipliant par trois toute cette masse, l’on pourra augmenter les salaires des citoyens ayant des revenus équivalents à 200 dollars pour les porter à 300 ou 400 dollars. Et si l’on maintient dans le même temps ceux des salariés qui perçoivent 300 000 DA, soit environ 3 000 dollars, la différence qui existe entre les deux niveaux des revenus sera, de ce fait, réduite. Les disparités salariales vont, par conséquent, diminuer. C’est une sorte fiscalité par dévaluation”. 
M. Aït Ali reste catégorique : cette réforme du dinar s’impose d’elle-même, mais pour une meilleure redistribution des flux…


Badreddine KHRIS 


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER