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Ahmed Benbitour hier au Forum de “Liberté”

“La probabilité d’un changement par la rue est plus forte”

© Louiza/Liberte

L’ancien chef de gouvernement a évoqué, à l’occasion, une réflexion engagée au sein de la Coordination pour les libertés et la transition démocratique (CLTD) autour d’un programme d’éducation citoyenne qui devrait être lancé incessamment.

L’ancien chef de gouvernement, Ahmed Benbitour, a, une nouvelle fois, tiré, hier, la sonnette d’alarme quant aux dangers imminents qui guettent l’intégrité du pays, appelant, à l’occasion, les tenants du pouvoir, à un dialogue constructif permettant de dégager des solutions à la crise multidimensionnelle qui pointe à l’horizon.
Brossant, dans sa déclaration liminaire, un tableau pour le moins sombre de la situation générale de l’Algérie, M. Benbitour a mis en garde contre une explosion de la rue qui entraînerait, d’après lui, le pays inéluctablement au désastre. “La réalité de l’Algérie de demain se caractérise par un État déliquescent, une société malade et une économie vulnérable, volatile, dépendante, en déficit de moyens de financement. Autrement dit, un pas ouvert à tous les dangers”, affirme-t-il. Loin s’en faut, renchérit-il, “nous sommes dans une situation de danger imminent”. Il estime, en effet, que parmi les scenarii qui se présentent actuellement au pays, celui d’une explosion qui viendrait de la rue, est le plus probable. “Cela, met-il en garde, n’est dans l’intérêt ni du peuple ni du pouvoir lui-même.” Et si cette option demeure selon lui la plus probable, c’est parce que le pouvoir n’est pas prêt, pour le moment, à engager le dialogue réclamé par l’opposition. “Il y a trois façons d’opérer des changements à travers le monde. La première voudrait que les tenants du pouvoir prennent acte de leur responsabilité dans la crise actuelle et travaillent pour un changement pacifique.” Une option à laquelle M. Benbitour ne croit pas tellement.
La deuxième option, d’après lui, “est de le faire par l’opposition”. “Malheureusement, la fermeture totale de l’espace public aux gens qui ont un avis tout à fait différent, ce que j’appelle dans mon exposé l’autoritarisme, fait qu’il ne peut pas y avoir dans le court terme un rapport de force qui soit en faveur de l’opposition”, déplore-t-il, concluant que “malheureusement, il ne reste que l’option d’un changement violent venant de la rue”.
L’ancien chef de gouvernement, qui a plaidé “pour un renouveau dans la pensée politique”, une réflexion à laquelle il a consacré l’exposé liminaire, a, sous le feu des questions posées par les présents, vite fait de réorienter son intervention vers des sujets plus terre à terre liés aux difficultés économiques et financières du pays. Interrogé, en effet, sur le comportement du gouvernement face à la baisse continue, depuis quelques années, des recettes pétrolières, M. Benbitour a, ainsi, estimé que la réaction des autorités budgétaires “s’est caractérisée par plus de laxisme, puisque le budget de fonctionnement de 2011 était en augmentation de 47% par rapport à celui de 2010”. “C’était une façon, explique-t-il, d’élargir le cercle des courtisans après les événements de janvier 2011.”
À une question sur les capacités du pouvoir actuel à mener à bien l’opération de rééquilibrage budgétaire tel que prôné actuellement, l’ancien chef de gouvernement est catégorique. “Je ne vois pas au sein du pouvoir des gens capables de faire de la rationalisation budgétaire. Actuellement, nous ne sommes pas dans la bonne voie pour améliorer la situation.”
En bon financier, Benbitour conteste la démarche du gouvernement face à la crise. “Le crépuscule de la rente et de la prédation s’annonce à l’horizon. Il est inscrit dans une politique budgétaire très fortement expansionniste et laxiste, au moment même où le pays enregistre une baisse tendancielle de la production et une augmentation notable de la demande nationale de l’énergie, ce qui débouche sur une forte baisse des exportations d’hydrocarbures.”         
Chiffres à l’appui, M. Benbitour brosse la situation des exportations pétrolières ces dernières années. “Ces exportations en volume, qui ont enregistré une baisse de 25,6% entre 2006 et 2011, ont connu une autre baisse de 10% en 2012 par rapport à 2011. Malgré cela, nous enregistrons une augmentation importante des dépenses budgétaires financées sur la fiscalité pétrolière.” Pour M. Benbitour, les nouvelles en provenance de l’Opep ne sont pas bonnes pour l’Algérie. “Il ne peut y avoir d’entente au sein de l’Opep sur les prix du pétrole. La politique des parts de marché prend le pas sur la politique des prix”, explique-t-il, à ce propos. Et les prévisions pour l’Algérie sont loin d’être rassurantes, selon M. Benbitour. “Le volume des exportations algériennes d’hydrocarbures continuera à baisser du fait de la forte hausse de la consommation d’énergie de sources fossiles, de la baisse de production à cause du départ notable de personnel qualifié de la Sonatrach et du moindre intérêt des compagnies étrangères dans l’exploration, la recherche et le développement.” L’ancien chef de gouvernement a, par ailleurs, évoqué une réflexion engagée au sein de la Coordination pour les libertés et la transition démocratique (CLTD) autour d’un programme d’éducation citoyenne qui devrait être lancé incessamment. Interrogé, enfin sur l’analyse qu’il fait quant aux profonds changements intervenus au sein des principaux corps de sécurité, notamment les services de renseignement, M. Benbitour a complètement éludé la question, se contentant de faire référence à de “simples permutations”.


H. S.


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