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évolution de la situation financière de l’Algérie

La réforme ou le syndrome vénézuélien…

Hier à l’hôtel Sofitel lors du Forum de “Liberté”. © Yahia Magha/Liberté

Face à cette perspective, Ferhat Aït Ali estime qu’“il n’y a point de solution miracle” au-delà de cet impératif  de migrer d’un système basé sur la rente vers un modèle privilégiant la production.  


Face à la détérioration des positions financières du pays, Ferhat Aït Ali, analyste financier, invité hier du Forum de Liberté, a appelé à une “refondation totale” du système économique, autrement, le syndrome vénézuélien serait inévitable à moyen terme. D’autant plus que “le cours du pétrole ne risque pas de revenir à ses niveaux d’avant juin 2014”. D’où l’impératif d’accélérer dans les réformes et de les “dissocier de la conjoncture, car on risque de les abandonner dès qu’une embellie vient pointer à l’horizon du marché pétrolier”, estime Ferhat Aït Ali pour qui le casse-tête auquel est confronté le pays est éminemment financier, voire politique, alors que les problèmes économiques sont plutôt structurels et datent des années 1980. Une érosion accélérée des réserves de change, combinée à une hausse de la dette interne à moyen terme, contraindrait le gouvernement à opérer des ajustements de rupture, dont la dévaluation massive de la monnaie nationale qui, elle, avec la même répartition des revenus, entraînerait de facto une spirale inflationniste inéluctable, prévient-il. Les variables conduisant à ce résultat sont connues presque d’avance, tablant sur une chute à 30 milliards de dollars des réserves de change à l’horizon 2021, une émission monétaire atteignant les 2 000 milliards de dinars à la même échéance, injectés essentiellement dans les différents mécanismes compensatoires plutôt que dans le système de production. Le train actuel de dépenses est par-dessus tout un facteur aggravant. Nous sommes un pays qui dépense plus qu’il ne produit. “Quand vos moyens n’évoluent plus au même rythme que vos besoins, à ce moment-là, il faut réduire vos besoins, orienter l’argent disponible vers la machine de production”, suggère-t-il. Le pays s’est même permis, tout récemment, avec les arbitrages de la loi de finances 2018, de casser sa tirelire, alors que la situation actuelle recommande un minimum de vigilance au plan budgétaire, voire des ajustements en profondeur, de nature à faire de la dépense un budget soutenable. “Il faut réformer.” Le mot revient comme une prière dans l’analyse de Ferhat Aït Ali, comme pour pointer l’urgence de se libérer de cette “rente qui plombe l’acte de production et qui soumet la société à un modèle de passivité”. Il est encore possible d’éviter l’iceberg pour peu “que la débandade s’arrête en haut. En bas, la situation peut s’arranger en quelques années seulement”. Autrement, l’actuelle approche budgétaire, qui n’est pas celle d’Ahmed Ouyahia, à en croire l’invité de Liberté, entraînera une chute drastique des réserves de change, une dévaluation massive du dinar à moyen terme. “Il y aura comme une rupture de la digue qui permettait jusqu’ici une fausse résilience, et le syndrome vénézuélien serait alors inévitable.” Face à cette perspective, Ferhat Aït Ali estime qu’“il n’y a point de solution miracle” au-delà de cet impératif de migrer d’un système basé sur la rente vers un modèle privilégiant la production. “Nous ne pouvons pas construire une économie avec une administration bureaucratique et dirigiste. Nous ne pouvons pas non plus financer l’investissement avec les banques publiques car les fermer suppose que l’on décrète officiellement leur faillite, mais les laisser fonctionner avec leur modèle actuel serait une faillite programmée sur le moyen terme.” Pour relancer l’économie et prémunir le pays contre ce scénario à la vénézuélienne, “les 40 millions d’Algériens peuvent le faire. Il n’y a qu’à voir cette mutation spectaculaire d’une société de paysans du temps de la colonisation en une société d’ouvriers au lendemain de l’indépendance”. “Il faut construire le pays avec tout le monde non pas contre tout le monde”, conclut l’invité de Liberté.  


Ali Titouche


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