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Le club des magistrats réagit à l’arrêt de la grève du snm

“L’accord est une soumission au ministre”

Saâdeddine Marzoug, porte-parole du Club des magistrats. © Louiza Ammi/Archives Liberté

Pour le Club des magistrats, l’indépendance de la justice n’est “pas un privilège pour le juge, mais un droit du citoyen de bénéficier d’un pouvoir judiciaire libre et efficace”.

Après 10 jours de débrayage, les juges ont suspendu, ce mardi, leur mouvement de grève. Une décision qui a surpris, y compris dans les rangs des magistrats.  L’autre organisation de la corporation, le Club des magistrats, qui n’a ni participé ni été consultée, s’est d’ailleurs dit surprise par cette décision qui s’est faite sans que les principales revendications portées par les magistrats soient satisfaites.

Dans un communiqué rendu public hier, le Club des magistrats exprime sa surprise de voir ses alliés du Syndicat national des magistrats arrêter la grève de manière “unilatérale”. Selon cette organisation, pas encore agréée, “l’accord conclu entre le syndicat et le ministère de la Justice a déçu de nombreux magistrats honorables”.

Le document va plus loin encore puisqu’il affirme que la décision du SNM a “choqué l’élite de la société algérienne” qui a exprimé sa sympathie pour un secteur qui a “longtemps été opprimé”, notamment après les événements “tragiques et horribles” qui ont eu lieu “à l’intérieur de la cour de justice d’Oran”.  Pour le Club des magistrats, qui dit comprendre que des pressions aient pu être exercées sur leurs collègues, l’accord signé est “une soumission” au ministre qui a été “désigné par la bande” qui a géré le pouvoir durant ces dernières années.

Pourtant, le Club rappelle qu’il a adhéré au mouvement de grève suite à une concertation avec le Syndicat national des magistrats. Une attitude qui a surpris l’organisation de Saâdeddine Marzoug, qui précise que certains de ses membres “ont même été privilégiés” lors de l’opération de mutation des juges. Mais le combat des juges est celui de faire avancer “l’idée de l’indépendance de la justice” au lieu “des revendications professionnelles et sociales”.

C’est une allusion claire au fait que la seule satisfaction obtenue par les magistrats est celle liée à l’augmentation des salaires. Pour le Club des magistrats, l’indépendance de la justice n’est “pas un privilège pour le juge, mais un droit du citoyen de bénéficier d’un pouvoir judiciaire libre et efficace”. Malgré ces critiques, le Club des magistrats n’a pas l’intention de faire cavalier seul et de poursuivre le mouvement de grève.

Le document précise que les juges qui adhèrent à cette organisation vont cesser la grève, mais continueront “le combat” pour une réelle “indépendance de la justice”. Contrairement au Syndicat national des magistrats, le Club des magistrats n’est pas une organisation syndicale agréée.  Malgré cette situation, c’est ce groupe de jeunes magistrats qui ont organisé les premières manifestations publiques de soutien au mouvement populaire au printemps dernier. 

Certains d’entre ces juges avaient également refusé d’encadrer l’élection présidentielle prévue initialement le 4 juillet dernier. Mais depuis, les juges se sont définitivement tus. Pis encore, beaucoup d’entre eux ont même été utilisés par le pouvoir pour mettre en prison des militants du mouvement populaire ou des figures politiques. 
 

Ali Boukhlef

 



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