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Selon le dernier rapport de la Banque mondiale

L’Algérie prise dans le piège du revenu intermédiaire


Le piège du revenu intermédiaire devrait être une source de préoccupation pour les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (Mena), car aucun de ceux qui avaient ce statut en 1975 n’a rejoint le groupe des pays à revenu élevé en 2017. C’est ce que relève la Banque mondiale (BM) dans son dernier rapport semestriel de suivi de la situation économique de la région Mena, intitulé “Une nouvelle économie pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord”. C’est le cas  de l’Algérie. La BM constate que cinq pays de la région, Algérie, Égypte, Jordanie, Maroc et Tunisie, n’ont pas réussi à sortir du groupe à revenu intermédiaire. Trois autres, l’Iran, le Liban et la Libye, ont aussi été rétrogradés au rang de pays à revenu intermédiaire. Pour un pays en développement, accéder au statut de pays à revenu intermédiaire est à la fois une bénédiction et une malédiction. Si cette accession signifie que la pauvreté extrême et les privations ont disparu, le fléchissement de la croissance qui s’ensuit habituellement fait que rares sont les pays qui réussissent à progresser vers le groupe des pays à revenu élevé. “L’histoire le montre, et c’est effectivement ce qui s’est passé pour les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (Mena), pour la plupart membres du groupe des pays à revenu intermédiaire”, note le rapport. Cet enfermement des pays de la région dans le statut du revenu intermédiaire indique la présence d’obstacles structurels à la croissance. Tous sont notamment pénalisés par l’absence d’un secteur privé dynamique, qui tient au manque de volonté ou à l’incapacité à adopter les technologies les plus récentes. Cette situation a empêché une hausse durable de la productivité sans laquelle aucun gouvernement ne peut assurer l’amélioration générale des niveaux de vie. “Cette atonie de l’activité privée s’explique notamment par plus d’un demi-siècle de politiques publiques fondées sur le fonctionnariat systématique et les subventions universelles afin ‘d’acheter’ la paix sociale sans rendre de comptes”, explique la Banque mondiale. “Parce qu’il assure aux citoyens une trajectoire économique sans risques, ce contrat social étouffe toute velléité d’innover et de créer des entreprises. Il a également nui à la fourniture des services publics et alimenté la défiance envers le gouvernement”, estime le rapport, qui trouve les résultats de croissance de la région Mena médiocres. “En Algérie, la croissance devrait rester stable, à plus de 2% en moyenne, jusqu’à la fin de la décennie, mais ce taux est trop faible pour créer suffisamment d’emplois pour le grand nombre de jeunes chômeurs du pays”, lit-on dans le rapport de la Banque mondiale, soulignant que les dépenses publiques, moteur historique du développement de la région, ont atteint leurs limites. Le rapport estime que les pays de la région devront lancer des réformes plus vastes et audacieuses, et consentir des investissements indispensables dans l’infrastructure numérique. Le document relève que le secteur financier de la région est centré sur les banques, et les prestataires de services monétaires non bancaires évoluent dans un espace réglementaire réduit, bien que la situation évolue. L’Égypte, le Maroc, l’Algérie et le Liban n’ont toujours pas donné de précisions sur les activités autorisées par la loi, ce qui continuera de décourager l’innovation commerciale, relève le rapport.
Par ailleurs, la Banque mondiale constate, aussi, qu’aucun pays du Maghreb n’a ouvert son marché aux fournisseurs d’accès Internet (FAI) privés. “Si le Maroc, l’Algérie et la Tunisie comptent un certain nombre de moyennes entreprises de technologie de l’information (TI), celles-ci ne sont pas autorisées à offrir un service Internet haut débit utilisant leur propre infrastructure et doivent donc recourir à l’infrastructure existante des opérateurs historiques”, précise le rapport.

Meziane Rabhi



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