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Obligation faite aux industriels d’exporter 20 à 30% de leur production

L’annonce absurde du ministre du Commerce

Siège du ministère du Commerce. © D. R.

Malgré  les   discours  de   ces  dernières   années   en  faveur   du développement des exportations hors hydrocarbures, force est de constater que la machine peine à décoller, faute de mesures claires et efficientes.

Reprenant  le  discours  usité  par  ses  prédécesseurs,  le  ministre   du Commerce,  Kamel  Rezig  a  affirmé  que  l'augmentation  des  exportations  hors hydrocarbures était l'un des défis majeurs du quinquennat en cours. Restant dans la ligne de son prédécesseur, le ministre a expliqué que dans le cadre de la démarche de promotion de ces exportations, il a été procédé à la mise en place de plusieurs mécanismes, notamment la relance du conseil national pour la promotion des exportations hors hydrocarbures et le renforcement de la participation aux foires internationales.

En somme des actions lancées bien avant son arrivée au département du Commerce et qui, de surcroît, n’ont pas donné de résultats.  Il est encore, peut-être, tôt pour juger la feuille de route du ministre du Commerce actuel, mais un aperçu a été donné quand Kamel Rezig affirme que “les industriels sont tenus, à l’avenir, à affecter un taux de 20 à 30% du volume de leur production à l’exportation vers les marchés extérieurs”.

Cela pourrait être une bonne chose, encore faut-t-il que ce soit réalisable. Pour Smaïl Lalmas, économiste et président de l'association Algérie Conseil Export, on ne fixe pas des quotas à l’export. Selon lui, la démarche telle qu’elle est présentée est inappropriée. Selon lui, tout opérateur n’est pas forcément un exportateur. Il a ajouté que l’export est une opération programmée pour répondre à un besoin sur un marché donné.

Certes, l’exportation est un impératif dans le développement d’une entreprise. Il est, donc, nécessaire d’inciter les opérateurs à intégrer l’exportation dans leur stratégie. Mais, le producteur ne peut pas tout faire à lui seul. L’export est un métier qui nécessite de l’expertise, a-t-il précisé. Les opérations d’export peuvent être réalisées d’une manière directe mais aussi indirecte, d’où la nécessité d’avoir des intermédiaires ayant la maîtrise du métier de l’exportation à l’instar des traders.

De son côté, Toufik Hadkeheil, président du cluster algérien des fruits et légumes à l’export, a estimé que cette démarche pourrait être perçue comme une incitation aux opérateurs pour aller vers l’export mais il a souligné que l’export est un processus qui se construit de lui-même. Selon lui, on ne produit pas pour le marché extérieur comme on produit pour le marché intérieur. Nul doute que des niches à l’export existent. Un potentiel considérable de produits peut être exploité pour réaliser des exportations hors hydrocarbures.

Encore faut-il que les pouvoirs publics créent les conditions idoines aux professionnels. Malgré les discours de ces dernières années en faveur du développement des exportations hors hydrocarbures, force est de constater que la machine peine à décoller, faute de mesures claires et efficientes pouvant accompagner le discours politique et c’est justement sur ces questions qu’est attendu le titulaire actuel du portefeuille du Commerce.

Il s’agit notamment des épineux problèmes de la logistique, de la réglementation des changes et de l’investissement de l’Algérie à l’étranger. Comme l’a souligné Smaïl Lalmas, le modèle économique en Algérie ne favorise pas l’export en dehors des hydrocarbures. C’est pour cela que le véritable défi est de mettre en place un environnement des affaires qui encourage le développement de l’entrepreneuriat, de l’investissement et donc de l’exportation. 
 

Saïd Smati

 



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