Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

A la une / Actualité

trésorerie EN DIFFICULTÉ ET distribution perturbée

Le Covid-19 fait tousser la filière boissons

Ali Hamani, président de l’Association des producteurs algériens de boissons. © Billel Zehani/Archives Liberté

Environ 40% des points de vente au détail et 80% des grossistes ont été fermés, obligeant les entreprises à baisser les volumes de production.

Les producteurs de boissons vivent des temps difficiles à l’heure où la pandémie de coronavirus sévit dans le pays et que les mesures de confinement des populations réduisent fortement les niveaux de productivité et de production. Les producteurs de boissons, toutes catégories confondues, sont durement touchés par l’impact de la pandémie de coronavirus sur la vie économique. 
Ali Hamani, président de l’Association des producteurs algériens de boissons (APAB), fait état de “lenteur dans la procédure d’octroi d’autorisations de circulation au profit des personnels et des marchandises” dans certaines wilayas, du fait de la pandémie. Le président de l’Apab va jusqu’à évoquer des cas de “refus d’autorisation” de circulation. 
Selon lui, cela a impacté l’activité de certaines entreprises de production de boissons, de dérivés de lait (fromages, yaourts, crèmes fraîches...) et d’emballages. Le président de l’Apab, contacté par Liberté, estime, en outre, que les mesures édictées dans le décret exécutif du 24/03/2020 a crée des “perturbations dans certaines entreprises de production”. 
Le décret fixe des mesures complémentaires de prévention et de lutte contre la propagation du Covid-19. Dans son article 15, il stipule que “les mesures (…) relatives à la mise en congé de 50%, au moins, des personnels des institutions et administrations publiques est étendue au secteur économique public et prive”. Ali Hamani explique que “des travailleurs considèrent que cet article fait obligation aux entreprises d’appliquer les mesures adoptées, allant même jusqu’à exiger la mise en congé spéciale de 50% des effectifs avec rémunération”. Dans un autre registre, il pointe du doigt “la décision de fermeture prise de manière unilatérale par un certain nombre de distributeurs de gros et de points de vente au détail de produits alimentaires”. “Cela a entraîné la cessation d’activité de certaines sociétés de production, qui se retrouvent submergées par d’importants surstocks de produits finis. Cela a également conduit à la mise au chômage technique et/ou à la mise en congé exceptionnel du personnel, voire à des licenciements”, a-t-il relevé. 
Le président de l’Apab souligne, dans la foulée, que “la fermeture des points de vente et la mise en congé du personnel des unités de production a asséché la trésorerie des entreprises. Ces dernières ne génèrent plus de recettes, alors que les dépenses continuent de s’accumuler ; le risque de faillite monte ainsi en flèche”. 

Risques de faillites 
Selon lui, “en moyenne, 40% des points de vente au détail et 80% de grossistes ont été fermés (certains grossistes ont rouvert plus tard) ; cela a contraint les entreprises à baisser le volume de production. La production a baissé entre 30 et 50%, selon le cas, même si l’activité a repris de la vigueur dans certaines entreprises à l’approche des fêtes de l’Aïd”. Et ce n’est pas tout. Ali Hamni évoque aussi “des difficultés d’approvisionnement en matières premières et en emballages auprès de leurs fournisseurs qui ont rencontré des problèmes concernant les autorisations nécessaires leur permettant de circuler et de travailler normalement”. L’Apab avait alerté les autorités au sujet de ces difficultés, souligne notre interlocuteur, rappelant que les producteurs de boissons avaient demandé aux autorités de prendre des mesures de manière à faire obligation aux distributeurs et aux points de vente d’assurer une activité normale et régulière.

Il rappelle également que son association était également intervenue auprès des autorités pour que celles-ci introduisent plus de souplesse dans la procédure d’octroi d’autorisations nécessaires au maintien des activités économiques. “Nous avions, en outre, formulé un certain nombre de mesures concrètes et pratiques à prendre en urgence — l’Apab ne pouvait pas se satisfaire de l’effet d’annonce de la prise de mesures — pour permettre aux entreprises de reprendre rapidement leurs activités et, ce faisant, d’éviter la mise en faillite pour les plus affectées d’entre elles”, a indiqué Ali Hamani. Selon lui, l’Apab avait, par ailleurs, demandé d’élaborer un moratoire fiscal et parafiscal, de différer les paiements de cotisations sociales et taxes mensuelles de 90 jours sans pénalités, de reporter tous les échéanciers de remboursement des prêts bancaires de trois mois, sans tenir compte des intérêts et des commissions en rapport avec la situation financière de chaque entreprise, de mettre en place un découvert bancaire exceptionnel bénéficiant d’un taux préférentiel, d’établir un cadre et des modalités convenables permettant aux entreprises en difficulté, qui ne sont pas à jour de leurs cotisations, de rééchelonner leur dette.

Et, enfin, selon le président de l’Apab, de faire assumer à la Caisse nationale d’assurance-chômage sa mission principale d’organisme algérien chargé de l’indemnisation des salariés ayant perdu leur emploi pour raison économique. Ali Hamani rappelle que cette Caisse est financée par les cotisations sociales. Et qu’elle “doit assister les travailleurs lorsque ceux-ci perdent leur emploi”. Le président de l’Apab se montre, toutefois, optimiste, affirmant que “notre engagement citoyen et notre volonté, aujourd’hui, en cette période sensible où toute pénurie est à exclure, nous obligent à faire notre possible pour sauvegarder le tissu industriel et les emplois”. Ali Hamani souhaite que la situation soit présentée sous un jour meilleur qu’aujourd’hui.

Youcef Salami


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER