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Le chômage devrait grimper à 13,3% en 2020

Le FMI donne l’alerte

La crise politique que traverse l’Algérie risque d’impacter durablement l’économie nationale. © Louiza Ammi/Archives Liberté

Depuis quelques mois déjà, des pans entiers de l’économie souffrent de l’impasse politique et du laisser-aller d’un gouvernement qui ne fait qu’aggraver la crise.

Dans ses perspectives économiques d’octobre  publiées hier, le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la hausse ses prévisions du taux de chômage pour l’Algérie, sur fond de baisse des dépenses d’équipement et de ralentissement net de l’activité du secteur privé, fortement pénalisé par les incertitudes politiques, ainsi que par certaines mesures émanant de l’actuel gouvernement. Le taux de chômage en Algérie devrait grimper à 12,5% cette année et à 13,3% en 2020, soit le taux le plus élevé depuis plusieurs années.

Il avait atteint 11,7% en septembre 2018, contre 11,1% en avril 2018. Selon l’institution, la croissance du PIB réel de l’Algérie ne devrait pas dépasser 2,6% cette année. Pour 2020, le FMI table sur une baisse de la croissance du PIB réel algérien à 2,4%, mais les prévisions pour 2024 tablent sur une croissance de 0,8% seulement. Avec un tel niveau de croissance, le coût social de la crise devrait s’aggraver dans les mois à venir avec, comme élément palpable, une hausse sensible du taux de chômage dès cette année.

La baisse brutale des dépenses d’équipement prévue pour 2020, estimée à 20,1% dans le projet de loi de finances 2020, fait planer les risques d’un rebond du chômage, étant donné que l’investissement budgétaire tirait l’essentiel de la croissance de ces dernières années et, de ce fait, permet d’absorber une partie des demandeurs d’emploi qui arrivent sur le marché du travail. La baisse annoncée de la commande publique, combinée à un net ralentissement de l’activité dans le secteur privé, devrait se traduire par une hausse à 13,3% du taux de chômage en 2020.

Depuis quelques mois déjà, des pans entiers de l’économie souffrent de l’impasse politique et du laisser-aller d’un gouvernement qui ne fait qu’aggraver les maux de l’économie nationale. Certains chiffres donnent carrément le tournis : 60% des entreprises du secteur du BTPH ont cessé leurs activités, alors que les industries agroalimentaires ont perdu près de 70% de leur chiffre d’affaires, de l’avis même des opérateurs des deux secteurs, alors que les activités dépendantes essentiellement des importations broient du noir, faute de visibilité et de stabilité des lois encadrant les importations.

Le secteur automobile voit ses usines confrontées à la politique de la répression menée par le pouvoir politique, alors que les précédentes mesures dédiées aux importations des kits pour les industries électroniques et de l’électroménager ont incité les entreprises à libérer leurs effectifs, faisant ainsi grimper d’un cran le taux de chômage en un laps de temps de quelques mois seulement. 

C’est une bombe à retardement. Le taux de chômage dans les catégories jeunes, affectant essentiellement les diplômés des universités et des centres de formation, avait atteint près de 30% en septembre 2018. L’autre bombe à retardement, dont le compte à rebours a été déjà enclenché, est la hausse du déficit de la balance des paiements, en relation directe avec l’érosion accélérée des réserves de changes.

L’institution de Bretton Woods table sur une hausse à 12,6% du déficit du compte courant cette année, contre 9,6% en 2018. Durant l’exercice écoulé, le déficit du compte courant de la balance des paiements a été de 16,74 milliards de dollars et devrait grimper à environ 20 milliards de dollars cette année. Pour 2020, l’institution de Kristalina Georgieva s’attend à ce que le déficit du compte courant de la balance des paiements baisse à 11,9%. 

La hausse du déficit de la balance des paiements devrait accélérer davantage l’érosion des réserves de changes, dont le solde serait de 51,6 milliards de dollars en 2020 et de 40 milliards de dollars en 2020, contre une prévision de 60 milliards de dollars à fin 2019.

Dans sa dernière note de conjoncture pour 2018, la Banque d’Algérie avait indiqué que la poursuite de l’érosion des réserves de changes souligne “la nécessité d’efforts d’ajustement soutenus, notamment budgétaire, pour rétablir la viabilité de la balance des paiements et limiter l’érosion des réserves officielles de changes”.

Force est de constater que les alertes de la Banque centrale ont été reléguées à la seconde case des priorités ; l’actuel gouvernement semble être plus préoccupé par l’organisation d’une élection que par la réponse à une crise qui pourrait mettre à genoux tout un pays. 

 

Ali Titouche

 

 



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