A la une / Actualité

La participation aux élections législatives sur… les réseaux sociaux

Le scrutin scruté par les internautes

Un mois seulement nous sépare du prochain rendez-vous électoral et en l’absence d’instituts de sondages en Algérie, une incursion sur les réseaux sociaux renseigne sur les tendances du prochain scrutin qui, probablement, sera marqué par un très fort taux d’abstention.
Si certains “participationnistes” utilisent, pour leur part, sous des étiquettes politiques variées, les nouvelles technologies de l’information et de la communication pour mener campagne pour les prochaines élections législatives, les partisans du boycott ont trouvé, eux, refuge sur les réseaux sociaux, et ce, notamment en l’absence d’espaces d’expression. Devant les velléités du pouvoir quant au verrouillage médiatique à leur encontre, les “abstentionnistes” s’en donnent aujourd’hui à cœur joie en publiant des posts aussi désopilants les uns que les autres.
Que ce soit sur facebook ou Twitter, le scrutin à venir est décortiqué sous toutes ses formes.
On y évoque même “le parti pris de l’Union européenne” qui a décidé d’envoyer ses observateurs. “Business as usual ! Les champions de la démocratie se refusent de déstabiliser davantage l’Algérie arguant que le remède ne doit pas aggraver le mal”, commente-t-on. Dans la capitale, l’installation de panneaux d’affichage “en fer forgé et ornés d’une tête dorée de très mauvais goût” suscite moult interrogations sur l’identité de l’heureux bénéficiaire de ce gros marché octroyé sans doute par le wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, devenu lui, en quelques clics, une véritable “tête de turc” pour des propos qu’il aurait tenus lors d’une conférence  contre “ceux qui iront à la plage le jour du scrutin”. C’est précisément ce clientélisme démobilisateur qui serait à l’origine du fait que les gens boudent les urnes depuis fort longtemps. Jugeons-en par ce commentaire : “On ne vote plus, par lassitude ou par dépit, sûrs que le scrutin sera truqué, comme d’habitude, à l’avantage des tenants du pouvoir et aussi, fait nouveau en Algérie, des coalitions de l’argent sale”. Outre des photos de panneaux d’affichage à terre ou saccagés, les remarques sont souvent acerbes. Alors que certains candidats islamistes appellent ouvertement leurs ouailles à pratiquer la prière nocturne (Q’yam Elil), la veille du scrutin, l’ex-parti unique mise, lui, sur sa page facebook (PFLN) essentiellement sur les capacités de mobilisation de Djamel Ould-Abbes, un octogénaire dont le rejeton serait empêtré dans un gros scandale de corruption en lien avec ce même scrutin. “Il ne faut pas se leurrer et s’attendre à un changement. Le rapport de force restera le même”, suspecte-t-on. Ainsi, de nombreux internautes s’accordent à dire que le suffrage universel n’est plus en Algérie l’unique manière de consolider la démocratie. Ce qui est, convenons-en, très, très grave.  Bref, sur la Toile, les Algériens ne se font guère  d’illusions sur l’issue du scrutin à venir qui sera marqué très certainement par une “carte électorale imposée”.


Mohamed-Chérif Lachichi