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Importation des véhicules de moins de trois ans

Les Algériens paieront plus cher

L’importation des voitures de moins de trois ans, une aubaine pour le marché parallèle de la devise. © D. R.

Les particuliers devraient s’acquitter de tous les frais sur leurs fonds propres, ce qui les obligerait  à passer par le marché parallèle des devises.

Les députés siégeant dans la commission des finances et du budget de l’Assemblée nationale proposent d’augmenter l’âge maximum des véhicules importés de 3 à 5 ans, afin de permettre au simple citoyen d’acquérir ces véhicules à un prix accessible. C’est ce que nous avons appris, hier, auprès de certains membres de ladite commission, soulignant, chiffres à l’appui, que l’importation des véhicules de moins de trois années d’âge, proposée par le projet de loi de finances pour 2020, risque de coûter plus cher que le véhicule importé en SKD-CKD et assemblé dans les usines de montage en Algérie.

Le texte du projet de loi de finances pour 2020 autorise, faut-il le rappeler, les citoyens à importer des véhicules de tourisme d’occasion, de moteur essence, de moins de trois (3) ans, à leurs propres frais, moyennant paiement des taxes et droits légaux, dans le respect des normes de protection de l’environnement.

À comprendre par là que les cylindrées fonctionnant au gasoil sont interdites à l’importation, en attendant la publication des textes d’application censés fixer les conditions de mise en pratique de l’article prévoyant le retour de l’importation des véhicules de moins de trois ans. Le coût d’un véhicule de tourisme de moyenne cylindrée sorti d’usine reviendrait à  9 000 dollars, correspondant à 1 080 000 DA pour un taux de change d’un dollar pour 120 dinars.

Si l’on ajoute à ce prix les droits de douane (15%), la taxe sur la valeur ajoutée (19%) ainsi que la taxe sur le véhicule neuf, le prix de vente du même véhicule sur le marché algérien atteindrait près de 1 900 000 DA. En revanche, pour un véhicule d’occasion importé, de la même marque, le coût final reviendrait à environ 2 600 000 DA en TTC, soit droits de douane, TVA et divers frais compris, avec une marge de gain de 20% et un taux de change d’un dollar pour 180 DA.

Pour ainsi dire, un véhicule importé de moins de trois ans d’âge risque de coûter plus cher qu’un véhicule neuf importé, étant donné que les particuliers devraient s’acquitter de tous les frais sur leurs fonds propres, ce qui les obligerait à passer par le marché parallèle des devises. Cette semaine, sur le marché officiel des changes, la valeur du dollar est fixée à 125,21 DA à la vente, alors que la valeur de l’euro est de 138,72 DA.

En revanche, sur le marché parallèle des devises, illégal mais toléré par les autorités, un dollar valait 182 DA, alors qu’un euro valait 201 DA. Cette différence entre les deux parités fait que le coût du véhicule d’occasion risque d’être plus élevé que celui du véhicule neuf assemblé en Algérie. Le montant du fret, les droits de douane et le taux de TVA qui seront applicables à l’importation des véhicules de moins de trois ans d’âge ne feraient qu’accroître les coûts avec, comme risque probable, l’inadéquation des normes européennes en matière de carburants au marché algérien.

Il y a par-dessus tout fort à craindre que cette mesure crée des tensions sur le marché informel des monnaies étrangères et participe, par là même, à l’érosion du pouvoir d’achat du dinar. Les autres appréhensions portent sur le risque que le retour à l’importation des véhicules de moins de trois ans ne puisse participer à l’émergence de réseaux de trafic et de transfert illicite de devises vers l’étranger. Sur ces questions, l’équation du gouvernement n’est pas lisible, étant donné que sa communication porte essentiellement sur les économies que l’État peut réaliser sur la facture d’importation des véhicules neufs.
 

Ali titouche

 



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