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ils ont été empêchés de lui rendre visite hier à la prison de Koléa

Les avocats et la famille sans nouvelles de Karim Tabbou

© Archives/Liberté

Ce black-out que rien ne justifie, au-delà de susciter de légitimes inquiétudes chez ses proches et sa famille, déjà éprouvés par la condamnation, constitue une violation flagrante des droits de la défense.

Au lendemain d’un procès qualifié unanimement par la défense et nombre de partis de la mouvance démocratique et d’ONG de “scandaleux”, l’état de santé de Karim Tabbou, victime d’un AVC lors de son procès surprise mardi à la Cour d’Alger, est toujours entouré de secret. Partis hier à la Cour de Ruisseau, de nombreux avocats qui assurent sa défense n’ont pas pu obtenir un permis de communiquer qui leur permet de rendre visite à leur client incarcéré à la prison de Koléa, a-t-on appris auprès de l’avocat Me Benissad. Motif invoqué par la Cour : la décision du bâtonnat d’Alger de suspendre toutes les visites aux détenus dans le cadre des mesures de prévention contre la propagation du coronavirus.

Toutefois, deux avocats, usant d’un permis de communiquer dans le cadre de la première affaire, celle dans laquelle Karim Tabbou est poursuivi pour “atteinte au moral de l’armée” et dont le procès est fixé pour le 6 avril prochain, ont pu se rendre à la prison de Koléa. Mais là aussi surprise : ils se voient opposer une fin de non-recevoir sous prétexte que Karim Tabbou est à l’infirmerie. D’après une autre source, Karim Tabbou aurait été transféré à l’hôpital Mustapha-Pacha.

Mais nous n’avons pas pu confirmer l’information. Ce black-out que rien ne justifie, au-delà de susciter de légitimes inquiétudes chez ses proches et sa famille, déjà éprouvés par la condamnation, constitue une violation flagrante des droits de la défense. “Ses avocats, pour s'enquérir de son état de santé, ont été privés de lui rendre visite à la prison de Koléa sous prétexte qu’il (Karim Tabbou, ndlr) se trouvait à l'infirmerie. Ce qui constitue une autre violation aux droits de la défense et aux droits d'un détenu de communiquer avec ses avocats”, a dénoncé hier la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (aile Me Benissad).

“C'est un grave précédent dans les annales judiciaires”, relève-t-elle dans un communiqué rendu public. Elle appelle les autorités judiciaires à ce qu’elles communiquent sur l'état de santé de Karim Tabbou et de s'en tenir au respect de la loi en maintenant sa libération pour le 26 mars 2020 (aujourd’hui) tel que jugé par le tribunal correctionnel de Sidi-M'hamed le 11 mars 2020, lequel l’avait condamné à une année de prison, dont six mois fermes. “Karim Tabbou n'est pas un délinquant mais un détenu d'opinion. Comme d'autres détenus d'opinion, il doit être immédiatement libéré car il n'a commis aucun crime”, souligne la Laddh. L’avocat, Saâd Smaïn, parti au tribunal Sidi M’hamed pour retirer le jugement de l’affaire de Tabbou s’est vu signifier que l’appel n’était pas “prêt”. 

Karim K.



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