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Innovation en Algérie

Les conditions-cadres ne sont pas favorables


Le Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (Cread) a organisé, pendant deux jours, les 16 et 17 juin 2019, un séminaire international intitulé “Analyse multisectorielle de la dynamique d’innovation”, avec la participation de plusieurs chercheurs étrangers. “Nous avons un sérieux problème en matière d’innovation”, a relevé le professeur Belmihoub Mohamed Chérif. Bouchicha Nacereddine, maître chercheur au Cread, dans sa présentation, relève qu’un certain nombre d’études empiriques montrent qu’il n’existe pas d’innovation en Algérie.

Les acteurs ou les parties prenantes du système d’innovation, qui sont les décideurs centraux, les industriels et les entrepreneurs, les chercheurs individuels et les institutions de recherche, sont démobilisés et chacun d’entre eux travaille presque en vase clos. Le chercheur, qui a examiné les déterminants de l’innovation dans un secteur particulier qu’est l’industrie électronique, en évolution rapide, estime que l’innovation en Algérie, du point de vue politique d’innovation, n’est pas vécue comme un système ayant pour objectif de rattraper le retard économique ou de contribuer à la croissance économique.

Cependant, relève-t-il, l’enquête de terrain a révélé que l’innovation existe au sein des entreprises d’électronique, dans un environnement concurrentiel compliqué. M. Bouchicha fait état, par ailleurs, de l’absence d’intermédiation avec les laboratoires de recherche universitaires et les centres de recherche ainsi que du manque de personnel qualifié. Selon les directeurs des laboratoires, l’État n’encourage pas l’innovation, affirme, pour sa part, Abedou Abderrahmane, directeur de recherche au Cread, qui a analysé les conditions-cadres du développement de l’innovation dans le secteur électronique en Algérie. “L’indicateur qui bloque l’innovation, c’est d’abord la politique gouvernementale”, signale M. Abedou.

Malgré les tentatives qui se font au sein des entreprises, les conditions-cadres ne sont pas favorables pour faire de l’innovation. Dans le secteur de l’énergie en Algérie, Menna Khaled et Benamirouche Hichem indiquent que les entreprises qui ont répondu à leurs questionnaires, essentiellement des sociétés appartenant au secteur des services, présentent une faible culture d’innovation. Les deux chercheurs notent une faible implication des employés, une absence de véritable stratégie d’innovation au sein de ces entreprises et une faiblesse des activités de recherche-développement. Les chercheurs Bouzid Amel et Boudedja Karima se sont intéressées à l’innovation agricole adoptée par les producteurs de blé dur, de pomme de terre, de dattes et de lait.

Les résultats montrent que les taux d’adoption sont faibles chez les producteurs de dattes et de lait, voire inexistants pour les producteurs de blé dur. Les prix minimum garantis du blé dur et du lait influent négativement sur l’innovation de même que les difficultés d’accès au financement et le régime foncier. D’autres questions ont été examinées lors de ce séminaire, entre autres “la perception et les attentes des acteurs de l’innovation dans les écoles d’ingénieurs en Algérie”. Benguerna Mohamed, directeur de recherche au Cread, et Nagala Nahla, maître de recherche, se sont interrogés sur “l’ancrage historique” de l’absence de collaboration et de partenariat entre le monde industriel et le monde universitaire. 

 

M. Rabhi


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