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Zone de libre-échange continentale africaine

Les exportateurs réclament plus de liberté

Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) © D. R.

Pour peu que l’acte d’exporter soit libéré de tous les écueils, la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) peut servir de tremplin aux opérateurs économiques algériens désireux de se frayer un chemin vers ce vaste espace commercial. La Zlecaf constitue, certes, une véritable opportunité puisqu’il s’agit d’une zone très dynamique grâce à un marché unique de plus de 1,2 milliard de personnes, représentant environ 2 500 milliards de dollars de PIB cumulé.

Cependant, notre pays s’est-il préparé sérieusement pour cette adhésion ? Le constat établi par les chefs d’entreprise prouve le contraire. Pour eux, l’Algérie est, au contraire, entrain de fermer son marché. Comment peut-on s’inscrire dans cette zone alors que les frontières de notre pays avec le Niger, le Mali et le Maroc restent toujours fermées ? C’est dire que la vision et l’objectif de l’Algérie par rapport à cet espace commercial africain ne sont pas encore clairs.

Ce vaste marché peut profiter à l’Algérie mais encore faut-il mettre en place les paramètres indispensables à sa conquête. De par la mauvaise expérience vécue dans la signature d’accords, notamment avec l’Union européenne (UE) et la Zone arabe de libre-échange (Zale) qui se sont avérés in fine en défaveur de l’Algérie, l’on doit impérativement approfondir la réflexion avant de s’engager dans un nouveau projet d’échanges commerciaux ?

Les spécialistes de la question avouent que les conditions pour parapher ce genre de contrats ne sont pas réunies. La situation économique qui prévaut actuellement dans notre pays ne favorise pas la participation à la Zlecaf. L’Algérie s’intéresse vraiment à cette zone. Or, force est de constater que les échanges commerciaux entre l’Algérie et le reste de l’Afrique demeurent faibles puisqu’ils ne dépassent pas les 3 milliards de dollars par an et s’effectuent quasiment avec seulement cinq pays du continent.

Ces 3 milliards de dollars d'échanges se répartissent entre 1,6 milliard de dollars d'exportations algériennes et de 1,4 milliard de dollars d'importations auprès des pays africains. Qu’à cela ne tienne, l’adhésion étant effectuée, aux pouvoirs publics de créer le climat favorable pour les exportateurs et à ces derniers de s’y conformer.  Abdelwahab Ziani, président de la Confédération des industriels et producteurs algériens (Cipa), estime qu’après avoir satisfait les besoins nationaux, les entreprises sont désormais prêtes à aller à la conquête des places commerciales étrangères, y compris en Afrique.

Toutefois, “ces opérateurs veulent être libérés des pratiques bureaucratiques et être mieux accompagnés à l’étranger”, explique-t-il. M. Ziani exhorte l’État à “déverrouiller” les activités des banques algériennes à l’étranger, pour qu’elles puissent s’adapter aux demandes formulées par les entreprises exportatrices. Les opérateurs, qui ont pu, dans le passé, arracher des niches de marchés outre-mer, évoquent, toutefois, un certain nombre d’obstacles qu’ils ont rencontrés dans la réalisation des opérations d’exportation de leurs
produits.  

Lever les écueils à l’export
Les opérateurs estiment qu’il faut régler, en amont, de nombreuses questions en suspens, liées essentiellement à l'identification des critères conférant l'origine africaine pour chaque produit à l'effet de bénéficier des préférences tarifaires et la préparation de la soumission des offres tarifaires par les États membres, ainsi que les problèmes relatifs aux services.

Des réunions ont été organisées entre les pays membres pour résoudre cet épineux problème, mais il reste à savoir si les solutions arrêtées seront appliquées sur le terrain. L’on se demande, de ce fait, si les mécanismes et les instruments techniques ayant trait à la mise en œuvre de ce marché commun seront opérationnels ou non ? Ce sont aussi des problématiques liées aux spécificités de certains pays d’Afrique qui demeurent de simples importateurs souhaitant recevoir, en plus de leurs produits, des projets d’investissement de leurs voisins.

L’on peut citer le cas du Mali et du Niger qui voudraient accueillir des investissements de la part de pays comme l’Algérie. Or, “la réglementation des échanges en vigueur dans notre pays n’encourage pas ce genre d’initiatives d’investissement”, remarque un expert très au fait de ce créneau. Il avoue que la création de la Zlecaf doit passer par plusieurs étapes. Il faut, au préalable, affirme-t-il, libérer les exportations et l’exportateur vis-à-vis de ces marchés.

Il est impératif d’inciter les opérateurs algériens à lancer leurs projets d’investissement dans des conditions meilleures que celles établies en ce moment en Algérie. Car, ces zones sont créées dans le but de concrétiser, en outre, des projets d’investissement au sein de ces pays membres. Ceux-ci peuvent accepter les produits algériens, mais ils ne pourront le faire sempiternellement si l’Algérie ne leur garantit pas en contrepartie des investissements réels.

La Zlecaf, qui est entrée en vigueur le 30 mai dernier, est, faut-il le rappeler, l'un des projets phare de l'agenda 2063 de l'Union africaine qui constitue un cadre commun pour une croissance inclusive et un développement durable. Une chose est certaine, le ministère de tutelle prévoit un séminaire pour le 7 octobre au Centre international des conférences (CIC) pour débattre de cet espace commercial, afin de dégager des recommandations sur la base desquelles sera élaborée la stratégie à adopter pour cet espace commercial. 

 

B. K.


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