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Entrepreneuriat

Les femmes sont exclues de la sphère économique


Le leadership politique, tant au niveau local qu’au niveau central, ne travaille pas pour faire émerger des success stories de femmes et/ou des modèles de réussite qui pourraient disséminer une image positive de la femme entrepreneure au sein de la société. “L’exclusion des entreprises gérées par les femmes de la sphère économique est un fait, notamment dans les facilitations d’insertion dans les chaînes de valeurs de donneurs d’ordres”, relève le Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (Cread) qui vient de publier un ouvrage sur “L’entrepreneuriat féminin en Algérie”. Le Cread indique qu’à ce jour “on continue à pratiquer des politiques discriminatoires envers les femmes dans l’accès équitable aux différents marchés”. Selon le Cread, “le réseautage, le lobbying local, mobilisant toutes les parties prenantes, wali, maire, organisme d’intermédiation (…), ne sont pas suffisamment orientés vers les femmes au niveau local, afin de renforcer leur capacité et de développer des atouts permettant une insertion importante dans les chaînes de valeurs industrielles locales”. Le centre a mis en relief un certain nombre de caractéristiques concernant les entrepreneurs relevées par les enquêtes “emplois” de l’Office national des statistiques. “L’analyse des données relatives à la distribution des entrepreneurs par rapport aux différents secteurs d’activité, pour 2013, permet de tirer de nombreuse conclusions”, souligne l’ouvrage. Les femmes entrepreneures sont présentes dans tous les secteurs d’activité, y compris dans les secteurs habituellement réservés aux hommes, comme l’agriculture et la construction. Le secteur de prédilection des femmes entrepreneures est l’industrie manufacturière. “Ce secteur regroupe la production des artisans traditionnels et aussi le secteur des textiles et confection”, précise le Cread. Il regroupe 57,5% des femmes entrepreneures. En d’autres termes, plus de la moitié des femmes entrepreneures activent dans des secteurs de production artisanale et industrielle. Elles sont peu présentes dans les services marchands. 74% des femmes entrepreneures exercent leurs activités à domicile. Seules 15,4% activent dans un établissement ou local spécifique. Le Cread constate la prédominance de la très petite entreprise, ou la microentreprise, au niveau de l’entrepreneuriat féminin. “Parce que l’investissement dans l’activité entrepreneuriale n’étant pas la première priorité, les femmes entrepreneures ne se soucient guère de la dimension formalisation de leur entreprise”, relève le Cread. Conséquemment, cette situation va constituer la principale raison de leur exclusion de l’accès au financement conventionnel et de leur recours, contraint, à d’autres sources de financement, “le secteur financier informel et le réseau familial”, pour accéder à des emprunts sous forme d’avances remboursables ou bien de prêts sur gages. En effet, l’ouvrage fait état d’une “informalisation” importante et de la fragilité des activités menées par les femmes entrepreneures. S’appuyant sur les données de l’ONS de 2013, le Cread évoque, aussi, un faible enregistrement administratif. 86,7% des femmes entrepreneures n’ont aucun enregistrement, d’où la relativité des statistiques provenant du Centre national du registre du commerce. L’autre paradoxe de l’entrepreneuriat féminin réside dans la fragmentation du paysage institutionnel et l’incohérence de ses actions. Pour le Cread, “malgré l’existence d’un tissu dense d’encadrement de l’activité entrepreneuriale, les observations du marché de l’entrepreneuriat montrent des dysfonctionnements importants”. Le Cread évoque, notamment, l’absence d’un cadre global de coordination et de concertation pour la mise en œuvre des politiques publiques en matière de développement de la création d’entreprise et de développement de l’activité économique.  


Meziane Rabhi


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