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Exportations hors hydrocarbures

Les filières s’enfoncent dans le brouillard

© Archives/Liberté

Des industriels font face à des conditions de financement draconiennes instaurées par les banques et à un manque d’approvisionnement flagrant en intrants.

Critique est la situation que vivent actuellement les exportateurs faute d’accès aux financements. Incertain est leur avenir sur les marchés régional et continental. Pis, le début de dynamisme qu’ont connu quelques filières à l’export, il y a à peine une année, a été aussitôt stoppé net par l’interdiction des importations de matières premières. Ces opérateurs font face à des conditions de financement draconiennes instaurées par les banques. 
Les lettres de crédit ne sont pas libérées rapidement. Le recul qu’enregistre l’Algérie dans le rating (notation du risque de solvabilité financière) a rendu les lettres de crédit excessivement chères car elles ne sont pas confirmées à l’international. Le taux de confirmation avoisine les 1,04% seulement. Ce qui, par conséquent, a renchéri davantage les transferts en devises dus aux importations. Toutes les filières à l’export ont été ciblées par cette nouvelle donne sur le marché. Car cette problématique réduit encore plus leur compétitivité sur les marchés d’outre-mer. 
Celle de l’électroménager n’échappe pas à cette sentence. L’émergence qui a caractérisé cette filière il y a plus d’une année a fini par céder la place à une sorte de léthargie et au doute. “La filière de l’électroménager est en train, quasiment, de cesser les exportations. Or, celle-ci pourrait atteindre une valeur à l’export entre 80 et 100 millions de dollars d’ici à la fin de l’exercice 2019”, constate Ali Bey Nasri, président de l’Association nationale des exportateurs algériens (Anexal). 
Les quotas d’intrants n’étant pas encore définis pour ces créneaux, abstraction faite de certaines entreprises automobiles et de l’Eniem, les exportateurs d’autres produits ont été contraints d’annuler leurs contrats d’exportation. C’est le cas d’une société qui a abandonné l’exportation de climatiseurs à cause d’un manque de matières premières. 
“C’est dommageable pour le pays parce que ces filières risquent de disparaître par manque de confiance de la part des importateurs de l’étranger”, relève Ali Bey Nasri. Le cas des pâtes qui ont connu un franc succès à l’international, puis interdites à l’export, reste l’exemple le plus édifiant dans ce sens. Si on cesse d’approvisionner les marchés maghrébin et africain en électroménager, remarque-t-il, c’est la réputation de l’Algérie dans ce domaine qui sera affectée. 
En outre, on relève une contradiction claire entre la volonté du gouvernement d’encourager les exportations hors hydrocarbures et sa velléité à prendre en considération les spécificités de cette activité selon chaque produit exportable. 
Une chose est certaine, le secteur du commerce extérieur a besoin d’un climat de confiance qui doit être imposé par les pouvoirs publics. Le conseil national consultatif pour la promotion des exportations, installé récemment, doit se réunir en urgence pour prendre en charge et sauver les filières exportatrices. 
Cette instance doit résoudre le problème d’approvisionnement en matières premières dont souffrent ces filières, qui sont en plein développement à l’export.


Badreddine Khris



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