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Alors que l’offre en lits d’hospitalisation a été portée à 20 000 unités

Les foyers de contamination toujours sous pression

© Louiza Ammi/Liberté

Le problème de l’hospitalisation reste entièrement posé dans des régions comme Alger et Constantine, qui comptent en continu de nouveaux pics de contaminations, selon des sources hospitalières.

La difficile équation à plusieurs inconnues d’hospitalisation en plein boom épidémique commence, selon toute vraisemblance, à se résoudre dans certaines régions, mais le taux d’occupation diffère d’une wilaya à une autre, soit en admission normale ou en réanimation. À en croire des sources sûres au fait du suivi de la crise sanitaire, beaucoup d’efforts ont été consentis au niveau de nombreux établissements de santé pour améliorer l’offre de soins en mode résidentiel. 
En effet, l’offre de lits dédiés au coronavirus a été multipliée par cinq à l’échelle nationale. 
Nos sources précisent que le nombre de places d’hospitalisation, qui était de 4 000 au début de l’épidémie, est passé à un moment donné à 12 000 places, avant d’atteindre les 20 000 places au milieu de la semaine en cours. “Jusqu’à mardi soir, les états consolidés ont fait ressortir un total de plus de 20 000 lits dédiés à la Covid-19 dont 1 400 réservés pour les cas graves et sévères dans les unités de réanimation, à travers le territoire national.” C’est dire que beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis la réunion du 9 juillet consacrée à la situation sanitaire et présidée par le chef de l’État qui a été d’ailleurs surpris par le nombre “frappant” de lits dégagés pour la Covid. 
Depuis cette réunion “tournante”, le cafouillage qui a ponctué la gestion de la pandémie pendant les quatre premiers mois commençait progressivement à se dissiper, malgré quelques “poches” de résistance relevées dans certains services médicaux ou dans certains hôpitaux. Pour étayer ces chiffres par rapport à la réalité des hôpitaux, nos sources détaillent que le taux d’occupation national actuel se situe autour de 52%, autrement dit 48% de places “réquisitionnés” sont disponibles pour accueillir de nouveaux malades de la Covid-19, soit plus de 18 000. À la réanimation, plus de 40% de places des 1 400 mobilisées sont occupées au niveau national puisque le nombre de patients admis en soins intensifs a explosé ces trois dernières semaines. Mais le problème de places en réa reste posé notamment dans les régions dites “grands réservoirs” de l’épidémie. Le décompte détaillé de la pandémie d’avant-hier mardi a fait ressortir que pas moins de 73 malades sont placés dans les unités de réanimation. C’est dire que la nouvelle offre d’hospitalisation est dans l’absolu importante. Par conséquent, si l’on détaille la dernière carte actualisée de lits réquisitionnés à travers le pays, l’on s’aperçoit tout de même que “certains problèmes de coordination” influent encore sur les hôpitaux. Selon des sources hospitalières, le problème d’hospitalisation reste entièrement posé dans des régions qui comptent en continu de nouveaux pics de contamination. 
Les derniers décomptes dressés par le Comité scientifique montrent que les courbes de contamination poursuivent leur ascension. La wilaya d’Alger comptait jusqu’à mardi soir plus de 2 900 malades confirmés, suivie de Sétif avec près de 2 500 et Blida avec plus de 2 300 cas testés positifs. Ce qui laisse supposer que la demande de soins en mode résidentiel et en soins intensifs va inéluctablement augmenter encore. “Il y a aussi des problèmes d’humeur entre les patrons des services en ces temps de crise sanitaire, untel, chef de service, ne s’entend pas avec son collègue d’une autre spécialité. Ces faits affligeants qui sont légion dans les hôpitaux vont se répercuter sur la qualité de la prise en charge de patients”, déplorera un jeune médecin assistant. 
Pour illustration, l’on citera les hôpitaux de la wilaya de Constantine qui ont comptabilisé, selon nos sources, plus de 84% du taux d’occupation des lits mobilisés, autrement dit, le risque de saturation de places reste toujours élevé à Constantine. Nos sources relèvent plus loin que beaucoup d’efforts doivent être consentis par les gestionnaires de structures sanitaires de la région des Ponts suspendus. “Des problèmes de coordination entre les hôpitaux persistent toujours dans la wilaya de Constantine, et l’on doit impérativement résoudre cette question avant l’arrivée d’une nouvelle vague de malades surtout après la fête de l’Aïd.” Ce même constat désolant est, semble-t-il, valable pour d’autres wilayas qui sont en train de pulvériser des pics de contamination au quotidien.  
                                
“Les services de réanimation sont débordés” 
Malgré quelques améliorations enregistrées depuis la réunion du 9 juillet, la situation des hôpitaux d’Alger semble être mi-figue mi-raisin. Force est de reconnaître que l’offre de lits dédiés à la Covid est passée de 643 à plus de 1 900 places à travers les 13 établissements sanitaires de la capitale, soit trois fois le nombre que le président de la République a cité lors de la séance de travail tournante consacrée à la gestion de la pandémie.

Ce constat mitigé a été confirmé et observé par nos interlocuteurs, des soignants impliqués dans la bataille contre la Covid-19, que nous avons pu joindre hier. Au CHU Issad-Hassani de Beni Messous, le nombre de services mobilisés pour la prise en charge des contaminés a sensiblement augmenté par rapport aux précédentes semaines où des malades nécessitant une hospitalisation urgente ont été refusés faute de places. “En terme de lits, la pression a été plus ou moins absorbée ces derniers jours après l’aménagement de nouveaux services qui étaient fermés au début de l’épidémie. Le CHU Issad-Hassani a mobilisé, sur papier, plus de 210 lits Covid, et en réalité, nous n’avons pas encore atteint les 150 places, et ce, pour des raisons qui me semblent évidentes. Il y a des services mobilisés, à l’image de l’ophtalmologie, mais qui ne sont pas dotés de sources d’oxygène”, témoignera avec regret un médecin du CHU. En revanche, les choses paraissent évoluer beaucoup mieux dans le plus grand hôpital du pays, le CHU Mustapha-Pacha en l’occurrence.

À en croire le Pr Rachid Belhadj, directeur des activités médicales et paramédicales (DAMP), la situation est mieux maîtrisée par rapport aux premières semaines de la crise sanitaire. “Au niveau de notre hôpital, l’offre de lits dégagés augmente au fur à mesure. Nous avons mobilisé jusque-là plus de 150 places et nous avons encore les moyens d’en dégager davantage”, a expliqué le Pr Belhadj. La nouveauté introduite dans la gestion de la pandémie au niveau du plus grand CHU du pays est “l’hospitalisation virtuelle”. Il s’agit, selon notre interlocuteur, de faire le suivi médical des cas légers et modérés en ambulatoire, et ce, après avoir réalisé tous les examens requis pour une hospitalisation classique. 
“Nous faisons tous les examens nécessaires, à savoir l’auscultation, le bilan biologique, le scanner thoracique, pour des patients déclarés formes légères. Nous leur prescrivons un traitement adéquat à prendre à la maison avec un suivi au téléphone. Au terme du 10e jour, ils reviennent pour subir un contrôle au niveau de l’unité créée à cet effet”, expliquera encore le DAMP. 

Le bilan quotidien du suivi de la pandémie au CHU Mustapha-Pacha fait ressortir que pas moins de 80 patients sont traités à titre ambulatoire et 10 à 15 cas sont hospitalisés, alors que 2 à 3 malades sont admis en soins intensifs. S’agissant des capacités des soins intensifs en réanimation, notre interlocuteur fera savoir que l’établissement prend en charge en soins intensifs au quotidien beaucoup d’évacuations d’urgence des autres wilayas. “Nous sommes submergés en réanimation”, lâchera encore le Pr Belhadj, qui ne manquera pas de rappeler que la stratégie mise en place par le CHU prend en compte la situation des grands malades hors Covid-19. “Nous n’avons pas le droit d’abandonner nos grands malades cancéreux et autres, d’autant que les infarctus du myocarde tuent 20 fois plus que la Covid-19”, conclura le Pr Belhadj.

Hanafi H.


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