Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

A la une / Actualité

Diversification de l’économie nationale

Les télécoms et le tourisme : des secteurs de seconde zone ?

Des touristes étrangers en visite dans le Sud algérien. ©Yahia/ Archives Liberté

Un secteur qui va de mal en pis avec des prestations qui ne correspondent à aucune norme et des infrastructures hors de prix et insuffisantes en été pour afficher le vide sidéral le reste de l’année pour la simple raison qu’il n’existe aucune réelle vision en ce sens.

“Concernant le tourisme : l’investissement dans les infrastructures touristiques progresse de manière satisfaisante à travers plusieurs wilayas, tout comme se poursuit la mise à niveau des infrastructures touristiques ayant mobilisé plus de 50 milliards de DA de crédits bancaires bonifiés par l’État”, c’est tout ce dont bénéficie comme attention dans le plan d’action du gouvernement un secteur censé devenir un des axes de la diversification économique prônée par l’Exécutif et pompeusement présenté chaque fois comme une alternative sûre aux hydrocarbures. En réalité, dans sa feuille de route, l’Exécutif dirigé par M. Ouyahia ne fait que reconduire des dispositions prises par les précédents gouvernements et dont certaines ont montré leurs limites. Pour preuve : le secteur n’enregistre aucune amélioration notable. Les 50 milliards de dinars évoqués, à l’occasion, datent déjà de 2011 lorsque Smaïl Mimoune était en charge du secteur et, depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts sans qu’il y ait l’ombre d’un changement. Ce sont d’ailleurs pratiquement les mêmes chiffres qui sont servis à la presse sur les réalisations et les projets en cours avec, en parallèle, l’absence totale des touristes étrangers et des locaux qui ont du mal à rester au pays pour les vacances au risque de payer les yeux de la tête. Résultats des courses : un secteur qui va de mal en pis, des prestations qui ne correspondent à aucune norme et des infrastructures hors de prix et insuffisantes en été pour afficher le vide sidéral le reste de l’année pour la simple raison qu’il n’existe aucune réelle vision en ce sens. Pour ce qui est de l’investissement, c’est la croix et la bannière jusqu’à décourager les plus téméraires. “Les importants avantages octroyés par le code des investissements, mais aussi par de nombreuses autres dispositions législatives spécifiques, seront maintenus pour encourager le développement et la modernisation du parc touristique dans tous ses segments, hôtelier, thermal, balnéaire et autres. Le gouvernement veillera également à la mise à niveau des zones d’expansion pour y attirer les investissements. Il s’investira aussi en appui aux opérateurs économiques concernés par la promotion de la destination Algérie auprès des clientèles étrangères”, fanfaronnent les rédacteurs du document, faisant fi des problèmes fondamentaux qui entravent l’essor de ce secteur censé être l’une des meilleures alternatives aux hydrocarbures, comme nos décideurs aiment si bien le répéter. Mais la triste réalité du terrain nous rattrape toujours jusqu’à amener certains promoteurs à aller investir ailleurs qu’en Algérie, comme c’est le cas de Sofiane B. Un cas parmi tant d’autres d’investisseurs las de la bureaucratie outrancière de l’administration algérienne qui décourage les plus coriaces. “Je voulais investir à Timimoun et réaliser un grand village touristique. J’ai mis sur pied un plan de projet 3D et tout ce qu’il faut comme documents d’appui pour avoir la concession (terrain), en vain. Trois longues années de parcours ininterrompu durant lesquelles j’ai sollicité les autorités locales tout comme le ministère, mais personne n’a daigné m’écouter. En désespoir de cause, j’ai pris mon argent et je me suis installé au Qatar pour investir dans une chaîne de restaurants”, raconte, en effet, Sofiane. Un exemple parmi tant d’autres qui révèle une situation des plus énigmatiques et met à nu des autorités locales au niveau des wilayas qui n’ont aucune coordination avec le ministère et encore moins les banques qui, dans la plupart des cas, ne jouent pas le jeu car la rentabilité dans le domaine est à long terme et parfois incertaine. Compter sur la diaspora pour venir investir est peine perdue dans un pays pour lequel il est extrêmement difficile d’avoir un visa pour les étrangers, même pour un simple touriste, et où il n’existe aucun bureau de change. Dans un pays où le ministère des Finances refuse de voir dans le tourisme une véritable prestation de services, préférant les qualifier de “loisirs” (la législation ne leur permet pas la domiciliation nécessaire pour le transfert de devises). Il apparaît clairement que le gouvernement accorde peu d’attention à ce secteur tout comme à celui des télécoms puisque l’un comme l’autre ne bénéficient pratiquement d’aucune nouveauté. Ouyahia parle seulement de faire aboutir une loi des télécoms, élaborée au pied levé et, de surcroît, critiquée de toutes parts…

Nabila Saïdoun



Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER