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Elle n’a baissé que de 138 millions de dollars en 2018

L’Exécutif échoue à réduire la facture d’importation

Siège du ministère du Commerce. © D. R.

Les dispositifs dits de régulation du commerce extérieur n’ont pu endiguer le renchérissement de la facture qui s’est chiffrée à 46,197 milliards de dollars en 2018 contre 46,059 milliards de dollars en 2017.

Si le solde commercial s’est révélé en 2018 légèrement meilleur qu’en 2017, c’est surtout parce que les exportations en hydrocarbures ont grimpé, en valeur, sous l’effet de la remontée des cours du brut durant les trois premiers trimestres. Les prix du pétrole ont, en revanche, pâti au quatrième trimestre de 2018 de la baisse de la demande, de la hausse des excédents de l’offre et d’une géopolitique peu aidante. Nonobstant, l’Algérie a grappillé 5 milliards de dollars de plus sur ses recettes de 2018, ramenant son déficit commercial à 5,03 milliards de dollars, contre un déficit de 10,87 milliards de dollars en 2017, ont annoncé les Douanes dans une note statistique diffusée hier. Les exportations ont ainsi grimpé à 41,168 milliards de dollars en 2018, contre 35,191 milliards de dollars en 2017, mais les importations ont stagné l’an dernier. Les dispositifs dits de régulation du commerce extérieur n’ont pu endiguer le renchérissement de la facture. Celle-ci s’est chiffrée à 46,197 milliards de dollars en 2018 contre 46,059 milliards de dollars en 2017. La moisson en économies est pour le moins maigre (138 millions de dollars), voire en deçà des objectifs que s’est fixés le gouvernement à l’annonce de ses mesures de lutte contre les importations dites superflues. En la matière, le gouvernement n’en finit pas avec ses revirements, passant d’une régulation par les licences d’importation, dont les premières ont vu le jour à la mi-2015, à l’interdiction pure et simple de certains biens et consommables pour arriver, au final, à l’institution d’une surtaxe appelée “droit additionnel provisoire de sauvegarde”, appliquée à 1 095 produits importés. La publication, depuis peu, de la liste des produits soumis au “droit additionnel provisoire de sauvegarde” est venue mettre fin aux restrictions mises en place depuis janvier 2018. Celles-ci portaient sur des dispositions à caractère tarifaire prévues par la LF-2018, dont l’élargissement de la liste des marchandises soumises à la taxe intérieure de consommation (TIC) au taux de 30%, pour 10 familles de produits finis, ainsi que le relèvement des droits de douane pour 32 familles de produits finis. Le dispositif concocté par le gouvernement Ouyahia, en substitution aux licences d’importation dont son prédécesseur, Abdelmadjid Tebboune, en avait fait son cheval de bataille, avait introduit aussi plusieurs mesures à caractère quantitatif, dont la suspension provisoire à l’importation de 45 familles de produits finis et la mise en place d’un contingent quantitatif pour les véhicules automobiles. D’autres dispositions à caractère bancaire et administratif, à l’instar de l’exigence d’une domiciliation bancaire préalable et dont la couverture financière a été portée à 120% du montant de l’opération, figuraient aussi dans ce dispositif mis en place dès janvier 2018 par le gouvernement Ouyahia. Force est de constater, une année après, que ces mesures, peu efficaces en somme, n’ont pas aidé à rétablir l’équilibre tant souhaité de la balance commerciale. La baisse du déficit commercial est à mettre sur le compte d’un facteur exogène, à savoir la reprise des prix du pétrole, alors que les facteurs endogènes, se rapportant à l’action du gouvernement essentiellement, n’ont pu produire qu’une piètre performance ; 138 millions de dollars d’économies au compteur à l’issue d’une année de restrictions et d’interdictions qui auront touché près de 9 000 biens et consommables.


Ali Titouche

 


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