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après la mort d’un homme touché par une balle en caoutchouc

Nuit d’émeute à Annaba

L’intervention des services de sécurité a permis d’éviter le pire. © D.R.

Le procureur de la République près le tribunal d’El-Hadjar a ordonné l’ouverture d’une enquête. De son côté, la Ligue algérienne des droits de l’Homme exige que la lumière soit fait sur les circonstances de ce drame.

Deux jours après l’émeute populaire qui l’a secouée, la ville ouvrière de Sidi Amar porte encore les stigmates de la soirée de furie de mercredi marquée par la mort d’un homme de 60 ans et par les nombreuses arrestations opérées parmi les habitants de la cité El-Qarya. Dans les rues et les ruelles de ce quartier défavorisé, l’atmosphère était lourde, hier, bien 
que la population ait pansé ses blessures et qu’elle tente de vaquer normalement à ses occupations,  en ces dernières heures du Ramadhan. Pour rappel des faits, une descente de police effectuée mercredi un peu avant le f’tour au domicile d’un individu recherché dans une affaire de trafic de drogue, à Sidi Amar, a dégénéré en affrontements, lorsque les parents du suspect ont tenté de s’opposer, armes blanches à la main, à l’arrestation de celui-ci. 
De l’échauffourée, qui a opposé les habitants du quartier venus en renfort et les éléments de la BMPJ, lesquels ont tiré des balles en caoutchouc en riposte aux jets de pierres et autres projectiles, on relèvera un mort, le père du trafiquant de drogue présumé. 
La dépouille de la victime a été immédiatement transférée à la morgue du CHU Ibn Rochd en attendant les conclusions de l’enquête ouverte sur demande du parquet de la Cour d’Annaba, apprend-on de source judiciaire. Sitôt informé de la tournure des évènements, le procureur de la République près le tribunal d’El-Hadjar s’est déplacé jusqu’à l’hôpital, où il a constaté le décès avant d’ordonner la mise sur pied d’une commission d’enquête pour déterminer les circonstances exactes dans lesquelles s’est déroulée l’arrestation du trafiquant de drogue recherché. 
Le communiqué officiel de la DGSN, publié peu après le drame, confirme l’information de “la perquisition, dûment autorisée par une autorité judiciaire, du domicile familial d’un repris de justice âgé de 28 ans, suspecté d’être impliqué dans une affaire de drogue”.
Il est indiqué dans ce communiqué que “l’opération a été menée hier vers à 18h et que les éléments chargés de cette mission ont été attaqués par un groupe composé de 50 à 60 individus au moyen de pierres, d’armes blanches et d’un fusil à harpon”. Et d’ajouter que “les policiers ont dû riposter, en état de légitime défense, en utilisant des balles en caoutchouc et que le présumé narcotrafiquant a été arrêté alors qu’un autre individu touché par les tirs des policiers a succombé à ses blessures au moment de son transfert vers le CHU Ibn Rochd”. Revenant sur ces tragiques événements, le coordinateur et les membres du bureau de la Ligue algérienne des droits de l’Homme (Ladh) d’Annaba ont pour leur part rendu public un communiqué à travers lequel ils demandent, à ce que “toute la lumière soit faite sur cette affaire, à travers une enquête approfondie, dont les détails seront communiqués à l’adresse de l’opinion publique nationale”. Dans ce communiqué, dont Liberté détient une copie, les observateurs locaux de la Ladh ont tenu “à condamner, tout d’abord, tout acte de violence, quel qu'il soit, à l’encontre des forces de l’ordre, de tout employé, pendant l’exercice de ses fonctions ou de tout citoyen”. “Sans mettre en doute la véracité des faits rapportés par le communiqué de la DGSN, à propos de l’incident qui a conduit au décès tragique de la victime”, la Ligue algérienne des droits de l’Homme a tenu toutefois “à attirer l’attention sur de nombreuses vidéos réalisées et postées en direct par des citoyens de cette localité.

Sur ces publications, on voit clairement des douilles (que les citoyens présentent comme celles laissées par les forces de l’ordre) qui sont, selon des experts nationaux en armements, celles de balles réelles et non de balles en caoutchouc, comme l’affirme le communiqué de la DGSN”. L’auteur du document précise, en se fondant sur le constat des sources médicales, que la balle, qui a causé la mort, a pénétré le thorax de la victime. “Ce qui est loin de conforter l’hypothèse de la balle en caoutchouc”, dira-t-il avant de conclure, en citant les habitants du quartier d’El-Qaria, que “ce serait le père du présumé narcotrafiquant qui a payé les frais de ce qui s’apparente à une bavure”.

Des témoins de la scène ont affirmé que la situation est restée très tendue à Sidi Amar durant une bonne partie de la soirée de ce triste mercredi, des jeunes du quartier Mokhtari-Abdelmadjid, où réside le présumé trafiquant de drogue ayant entrepris d’assiéger les locaux de la brigade mobile de la police judiciaire situés non loin, et de les bombarder littéralement avec des blocs de pierres et des produits pyrotechniques (feux d’artifice). 
Il aura fallu attendre minuit et l’intervention de forces de police supplémentaires pour que les assaillants, des jeunes surtout, quittent les lieux, nous a-t-on confié. Ces mêmes témoins sont unanimes à démentir, pourtant, les rumeurs qui ont circulé à travers les réseaux sociaux à propos de policiers tirant à balles réelles sur des manifestants. 
“Tout le monde a entendu les détonations, il s’agissait de cartouches à blanc pour éloigner les jeunes qui se rapprochaient trop dangereusement de la patrouille venue arrêter le suspect”, affirme un citoyen, dont le domicile se trouve à une vingtaine de mètres de celui du mis en cause.

A. Allia


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