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ABDELKADER MESSAHEL CONDUIT LA MISSION DIPLOMATIQUE À NEW YORK

ONU : l’Algérie sous-représentée

Abdelkader Messahel, ministre des Affaires étrangères. ©Yahia Magha/Archives Liberté

Une diplomatie active ne saurait s’accommoder de cette “léthargie” qui sévit en haut lieu, pour ne pas dire au sommet de l’État.

Le Premier ministre Ahmed Ouyahia étant pris par des engagements internes, la présentation du plan d’action de son gouvernement devant l’Assemblée populaire nationale (APN), le choix s’est orienté vers le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, pour représenter l’Algérie à la 72e Assemblée générale des Nations unies (ONU) qui s’est ouverte, hier, à  New York. Cette sous-représentation au plus grand rendez-vous planétaire offrirait un argument supplémentaire aux partisans de la mise en œuvre de l’article 102 de la Constitution. Ces derniers, qui s’attachent tant à l’application de la Constitution, ne manqueront pas, probablement, de signaler la défection à l’AG de l’institution onusienne.
 Une fois encore, le Président algérien ne s'exprimera pas du haut de la tribune de l’ONU, un exercice qu’il affriolait jadis. De même qu’il ne donnera pas de poignées de main chaleureuses à ses homologues, chefs d’État et présidents, à l’image de Donald Trump, avec qui il n’a toujours pas fait connaissance. C’est donc au ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, à qui échoit le rôle de présider la délégation algérienne à cet important rendez-vous annuel de la diplomatie mondiale qui, pour de nombreux observateurs, est à marquer d’une pierre blanche. Beaucoup s’attendent, en effet, que cette 72e session de l'Assemblée générale des Nations unies constitue un véritable virage dans l’histoire de cette institution crée en 1945.
Faut-il rappeler sur ce chapitre que le chef de la diplomatie algérienne ne pourra avoir, en la circonstance, que des entretiens bilatéraux limités avec des interlocuteurs de son rang. Pourtant, cette session de l'Assemblée générale des Nations unies n’est pas si “ordinaire” qu’elle pourrait paraître. Parmi les grands thèmes internationaux qui seront abordés, figure en bonne place la réforme de l’organisation des Nations unies à laquelle avait précisément appelé l’Algérie, arguant des “aspirations légitimes des pays en développement, et de l'Afrique en particulier”. “Notre souhait est que l'ONU puisse réaliser des avancées substantielles sur les grands chantiers de la réforme, qu'il s'agisse de la revitalisation de l'Assemblée générale, de la réforme du Conseil de sécurité et du renforcement du rôle du Conseil économique et social”, avait déclaré, à ce sujet, Bouteflika en septembre 2009. Cette question, du reste, récurrente n’a eu de cesse d’être soulevée, depuis son avènement au pouvoir en 1999.
À l’instar de plusieurs chefs d'État et de gouvernement africains, cette demande d’élargir le Conseil de sécurité de l'ONU pour inclure les pays africains au sein de ses membres permanents était même devenue, on se souvient, un “cheval de bataille” dans la bouche du Président algérien. Et voilà qu’à l’heure où cette aspiration tend à se concrétiser réellement, l’Algérie est sous-représentée pour faire entendre sa voix, laissant le champ libre notamment à deux pays africains, en l’occurrence l’Égypte et l’Afrique du Sud, qui jouent des coudes, dans les coulisses, afin d’occuper un siège permanent au sein du Conseil de sécurité, un organe déterminant, au demeurant, dans le fonctionnement du système onusien. S’agissant, enfin, des enjeux régionaux, cette 72e session de l'Assemblée générale des Nations unies va se pencher  également sur des sujets sécuritaires qui concernent directement notre pays, à l’instar de la crise libyenne à nos frontières, le terrorisme au Sahel ou encore la crise des migrants. Incapable d'influer sur ces processus régionaux en cours, l’Algérie semble reléguée au second plan dans la gestion de dossiers qui pourtant l’implique directement.
Ayant perdu la main, notre pays ne pourra plus jouer, dans le cas d’espèce, son rôle “coutumier” de facteur d'équilibre dans la région, conforme à son rang, à son histoire et à sa tradition.  

M.-C. L.

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