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Elle s’établit à moins de 40% du PIB

Ouyahia confirme la hausse de la dette interne

Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, dans son allocution au Forum d’affaires algéro-sud-coréen. © D.R.

La dette publique intérieure, bien qu’elle reste à des niveaux soutenables, risque de grimper d’un cran si les effets pervers de la planche à billets venaient à se faire sentir.

Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a confirmé, hier, la hausse de la dette interne qui s’établit désormais à près de 40% du produit intérieur brut (PIB). Lors d’un discours prononcé au Forum d’affaires algéro-sud-coréen, Ouyahia a indiqué que la dette interne reste, certes, modérée, mais les statistiques qu’il a fournies, comme pour étayer la viabilité de la dette, laissent entrevoir une courbe ascendante, passant d’environ 20,6% du PIB en 2016 à près de 40% du PIB aujourd’hui, à en croire Ahmed Ouyahia.
Le dernier rapport du Fonds monétaire international (FMI) qui mettait sous les feux de la rampe l’évolution des agrégats financiers de l’Algérie a souligné une forte hausse de la dette publique intérieure entre 2016 et 2018, due principalement à l’absence de parechocs financiers qui permettaient à l’État de faire face aux trous de sa trésorerie. En 2017, lit-on dans la dernière analyse du FMI, la dette publique “est passée à 27% du PIB, en nette augmentation, parce que l’épargne du FRR n’a pas suffi à couvrir le déficit budgétaire et que l’État a racheté d’autres créances d’entreprises publiques. En comptabilisant les garanties d’État, les chiffres de la dette s’élèvent à 48% du PIB en 2017. Les garanties de l’État portaient sur les emprunts des entreprises publiques auprès de banques publiques (21% du PIB en 2017)”. Acculé par l’amenuisement des avoirs du FRR et par la baisse des liquidités, le gouvernement a fait voter en octobre 2017 une révision de la loi sur la monnaie et le crédit, lui permettant d’emprunter directement auprès de la Banque d’Algérie. Le recours à la planche à billets, dont les quantités de monnaie produites s’élevaient à 4 005 milliards de dinars à fin septembre de l’actuel exercice, a aidé à couvrir une bonne partie de la dette interne, dont les créances de l’État auprès des entreprises et celles des entreprises auprès des banques publiques. La dette publique intérieure, bien qu’elle reste à des niveaux soutenables, risque de grimper d’un cran si les effets pervers de la planche à billets venaient à se faire sentir. La dette intérieure est constituée de bons et de titres du Trésor, ainsi que de créances rachetées à des entreprises publiques. “Fin 2017, environ 53% de l’encours des titres du Trésors étaient détenus par la Banque centrale, le reste se répartissant entre des banques (principalement publiques) et des compagnies d’assurance”, lit-on dans la dernière livraison du FMI sur l’Algérie. Sur les trois prochains exercices, la dette intérieure publique devrait rester autour de 40% du PIB, tandis que la dette publique, garanties comprises, passerait à 49% à l’horizon 2023.
Un niveau qui reste inférieur au repère de 70% pour les pays émergents. Pour ainsi dire, si le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, avait raison de pointer la faiblesse de la dette intérieure, comme pour en faire un élément d’attractivité, il ne doit pas, toutefois, perdre de vue les risques sur le moyen terme, à moins d’un retour à l’assainissement des finances publiques dès 2019, ce qui serait de nature à réduire la pression sur le budget à moyen terme.


Ali Titouche
 


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