Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

A la une / Actualité

Le lobby de l’importation plus puissant que les entreprises de sous-traitance

Pourquoi l’industrie automobile patine en Algérie


Ces dernières années, le secteur automobile a été très dynamique et surtout très lucratif, et cela, comble de l’ironie, sans induire un impact économique structurant pour le pays. Le déferlement sans précédent de véhicules importés dans notre pays, à l’ombre de la rente pétrolière, n'a été accompagné, jusque-là, que de lots de pièces de rechange et d’un service après-vente réduit à sa plus simple signification. La libéralisation du commerce extérieur s’est souvent résumée en Algérie à une “liberté d’importer”… sans restriction aucune. Jusque-là, aucun des concessionnaires présents sur le marché algérien n'avait pris d’engagement de nature industrielle.
Pis encore, un constructeur étranger s’était vanté à l’international du chiffre record de 250 000 nouvelles immatriculations en Algérie en une année seulement. Alors que la véritable question, souvent occultée en Algérie, demeure celle de la place de la sous-traitance comme facteur de développement technologique et, partant, de la relance de l’économie nationale.
D’un autre côté, les grands constructeurs étrangers ont manifesté très peu d’intérêt pour l’investissement direct dans le secteur de la mécanique et de l’industrie de l’automobile dans notre pays. Au lieu de valoriser ainsi notre “carte d’acheteur” auprès des partenaires étrangers auxquels il fallait opposer une approche concrète qui tienne compte des besoins du pays dans ce domaine, les autorités ont préféré d’abord laisser faire les lobbies de l’importation qui se sont vite enrichis grâce à la faiblesse du cours officiel du dinar et leurs fameuses “ristournes” en devises déposées outre-mer. Sur un autre plan, tout le monde sait que le secteur de la mécanique en Algérie a longtemps été marqué par un très fort taux de désinvestissement. Le parc industriel national qui faisait jadis la fierté du pays est aujourd’hui en passe même de disparaître. Il n’y aurait en Algérie que seulement 300 entreprises de sous-traitance, alors qu’il en faudrait plusieurs milliers.
Un manque effarant comparé à notre voisin de l’Ouest, qualifié aujourd’hui de “Royaume de la sous-traitance” et où se précipitent équipementiers et donneurs d’ordre. En Algérie, la question même de la survie des entreprises industrielles existantes est toujours d’actualité et devient même, à cet égard, un impératif national. Ce constat lamentable aurait dû amener, depuis longtemps, les autorités à accorder une plus grande attention à la relance de l’industrie mécanique tant il est vrai que ce secteur peut, en effet, offrir des perspectives prometteuses.
Aussi, tout le monde en convient aujourd’hui, la mécanique est bel et bien au centre de tout processus de revitalisation industrielle digne de ce nom. Tenant compte de leurs erreurs d’appréciation passées, les autorités ont voulu rattraper, quelque peu, le temps perdu en exigeant désormais dans leurs cahiers des charges l’implantation d’usines de montage de véhicules ou, tout au moins, des processus industriels nationaux. En vain encore, à en juger des dernières révélations sur un “investisseur” qui aurait bénéficié d’avantages fiscaux et autres, juste pour pouvoir… importer.


Mohamed-Chérif Lachichi


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER