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Elle débute aujourd’hui sur fond de doutes et de tensions

Présidentielle : la campagne de toutes les incertitudes

Les 5 candidats et le président de l’Anie (à l’extrême droite) lors de la signature de la charte d’éthique. © Louiza Ammi/Liberté

La forte mobilisation et les slogans scandés ce 39e vendredi montrent que la population n’est pas près de laisser faire une campagne électorale pour un scrutin qu’elle rejette avec force.

C’est quasiment un saut dans l’inconnu que le pays s’apprête à faire, avec la campagne électorale pour la présidentielle du 12 décembre prochain, dont le coup de starter sera donné aujourd’hui. Avec la persistance du hirak qui n’a pas pris la moindre ride près de neuf mois après son irruption sur la scène politique, et face à la détermination de la rue à faire avorter le projet de la présidentielle, les cinq candidats en lice n’auront sans doute pas une mission de tout repos.

L’ancien chef de gouvernement et président de Talaïe El-Houriat, Ali Benflis, et l’ancien ministre du Tourisme et président d’El-Bina Abdelkader Bengrina ont déjà eu à le vérifier à leurs dépens, en subissant les foudres des citoyens, plusieurs jours avant le début de cette campagne. Le premier a été quasiment chassé, le 2 novembre, jour même de la validation de sa candidature, d’un restaurant, dans la banlieue ouest d’Alger, par des citoyens très remontés contre lui, sous les cris de “Vous avez bouffé le pays, bande de voleurs”, “Dégage !” et autres quolibets.

Le second a, lui aussi, été copieusement conspué, mardi 12 novembre, dans la très lointaine ville de Tindouf, où il est allé animer une rencontre dans une salle fermée et sous haute escorte policière qui l’a mis à l’abri d’une foule en colère. Lui aussi a eu droit à sa part d’“amabilités”. Et ce n’est là qu’un avant-goût de ce qui attend les candidats à la présidentielle durant la campagne électorale qui, à n’en point douter, verra les tensions monter. Ali Benflis et consorts en sont bien conscients.

Certes, ils ont rendu publics leurs programmes, ainsi que leurs slogans de campagne, tout en écumant les plateaux télévisés des chaînes privées totalement acquises à la cause présidentielle. Mais pas un seul des candidats n’a, jusqu’ici, osé placarder son portrait sur les places publiques, alors que par le passé les effigies des présidentiables tapissaient les murs plusieurs jours avant le coup d’envoi de la campagne électorale.

Il en est de même pour les programmes des meetings électoraux et, jusqu’ici, seul le candidat Ali Benflis a rendu public le planning du premier jour de sa campagne qu’il compte inaugurer à Tlemcen avant de se rendre à Tamanrasset. Il faut dire que la frilosité des candidats à se jeter dans le bain électoral n’est pas sans raison.

Tous les voyants sont au rouge : la forte mobilisation et les slogans scandés en ce 39e vendredi montrent que la population n’est pas près de laisser faire une campagne électorale pour un scrutin qu’elle rejette avec force. Du coup, leurs sorties publiques (meetings, visites de proximité, etc.) risquent d’être chahutées, sauf intervention musclée des services de sécurité, ou du moins boudées.

Car, si les marches de “soutien à l’élection présidentielle et à l’armée”, organisées depuis le 1er novembre avec le concours réel ou supposé de l’administration, n’ont pas pu mobiliser grand monde, par quel coup de baguette magique des candidats tous taxés d’“enfants du système” réussiront-ils à attirer les grandes foules déjà fort récalcitrantes, voire hostiles ?

Le pari semble quasiment impossible à tenir. On doute même que Benflis qui, quoi qu’on en dise, a un parcours doublé d’une certaine aura, puisse transformer le fiasco politique qui s’annonce en un resplendissant printemps électoral. Aussi, tout porte à croire que l’on assistera, au mieux, à une campagne électorale à huis clos, et seulement dans quelques endroits où les candidats pourront oser “l’aventure”.

 

Arab Chih

 



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