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Cible de la mafia politico-financière pendant 20 ans

Rebrab : une victime du système… dans les geôles du système

© D.R

Les arrestations d’hommes d’affaires et le limogeage de hauts responsables d’institutions et d’entreprises étatiques, menés tambour battant tout au long de la semaine écoulée, n’ont pas encore livré tous leurs secrets. 

Mais, en attendant d’en connaître les dessous et les visées plus en détail, cette nouvelle “opération mains propres”, œuvre d’un système politique qui n’en est pas à sa première du genre, révèle déjà sa dimension purement politicienne.Menée dans une opacité totale, cette pseudocampagne de “lutte contre la corruption”, lancée à la suite de “l’appel” du chef d’état-major de l’armée, a été accompagnée par un traitement médiatique suspect dans lequel s’est impliquée la télévision publique. Et l’on aura surtout remarqué ce déchaînement sans précédent de chaînes de télévision privées déjà franchement engagées dans cette guerre que se livrent publiquement des clans du même système. 
Ce déchaînement a été toutefois sélectif. Paradoxalement, c’est Issad Rebrab, le président du groupe Cevital, qui en sera la cible privilégiée. Qu’a-t-il donc de particulier, cet industriel, pour faire l’objet d’un tel acharnement ? À la différence de tous les autres, Issad Rebrab est un entrepreneur investisseur qui a souffert des menées de la mafia politico-financière, celle que les Algériens appellent désormais “el îssaba” (la bande), celle dont le caïd est connu : Saïd Bouteflika. Il fallait donc que Rebrab soit “déchu” de son statut de victime pour en faire un coupable en puissance, d’où ce déchaînement médiatique qui nous a donné à voir des plateaux de télévision transformés en chambres d’accusation et des “journalistes” et “analystes” en procureurs. 
Des chambres d’accusation où l’on fait allégrement fi du principe de la présomption d’innocence. Ces procureurs autoproclamés ou plutôt missionnés ont cru trouver de quoi remplir leur “PV” : Issad Rebrab aurait bénéficié du soutien de l’ancien chef du DRS, Mohamed Mediène, dit Toufik, celui-là même que Gaïd Salah accuse de comploter présentement contre le pays. Notons, au passage, que personne n’a demandé de comptes au général Toufik. Comme si votre supposée proximité d’un criminel vous exposait aux foudres de la justice plus que le criminel lui-même ! Mais sur quoi ces procureurs de plateaux TV et de salles de rédaction se sont-ils basés pour fonder leurs accusations ? 
Rien, absolument rien, hormis leurs lettres de mission. Car, en effet, Issad Rebrab n’était pas seulement une victime de la “îssaba” des Bouteflika. Il a fait aussi les frais de décisions du général Toufik en personne, dont certaines sont immensément préjudiciables aux projets d’investissement du groupe Cevital. 
Il en a été ainsi du mégaprojet de hub portuaire qu’Issad Rebrab envisageait de lancer à Cap-Djinet, dans la wilaya de Boumerdès, avec, à la clé, un million d’emplois et quelque 32 milliards de dollars d’exportations par an. 
Si ce projet n’a pas vu le jour, c’est parce qu’il avait buté sur le “veto” du général Toufik. Un niet que l’ex-patron du DRS avait motivé par… un “risque sécuritaire et politique” qu’induirait une telle “concentration de moyens de production et de transport et de moyens humains” (un million de travailleurs) dans une zone coincée “entre la capitale et la Kabylie”. 
Une région “politiquement sensible”, a jugé le général. C’était en 2005, et Toufik jouissait alors de sa “toute-puissance” de “Reb-Dzaïr”. Bouteflika et la clique de Saïd, c’est-à-dire la “îssaba” en devenir, n’en demandaient pas tant. Ils tenaient là un “argument” de taille pour bloquer un projet structurant pour l’économie nationale. L’économie nationale ? 
Ce n’était guère leur souci, comme chacun le sait aujourd’hui. Leur souci se résumait à entraver le développement d’un groupe industriel dont le patron, Issad Rebrab, venait de claquer la porte du FCE (en 2003) pour ne pas se faire complice de la grande campagne de prévarication qui allait s’enclencher, au détriment des ressources du pays et du Trésor public.
 

Saïd Chekri


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