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Journée dédiée à l’entrepreneuriat féminin à l’ESAA

Survivre dans un climat des affaires instable


L’École supérieure algérienne des affaires a abrité, hier, une journée dédiée à l’entrepreneuriat féminin, sous le slogan “Entreprenari’elle” où étaient invitées des femmes chefs d’entreprise, d’horizons divers, qui ont partagé avec les étudiants de l’école leurs expériences et succès, mais aussi leurs échecs. Besma Belbedjaoui, Leïla Akli, Dalila Nadjem, Fazia Antri-Bouzar, Madja Raham et la sociologue Kahina Hamach ont ainsi relaté leurs expériences dans le monde de l’entrepreneuriat, dominé par les hommes, qui plus est dans un climat des affaires assez complexe.
D’emblée, la sociologue et chercheure au Cread, Kahina Hamach, fera le constat de la situation de l’entrepreneuriat féminin en Algérie. Ainsi, 20% des entreprises créées par des femmes sont affiliées à la Sécurité sociale, tandis que 85,8% ne payent pas d’impôts.
S’agissant du développement des entreprises créées par la gent féminine, Mme Hamach affirme que si durant la période s’étalant de 2005 à 2010, on observait une croissance, celle-ci est en net recul ces dernières années (2010 jusqu’à 2016). Cette mortalité économique est générée, selon elle, par des conditions socioprofessionnelles défavorables. “En premier lieu, on retrouve, bien sûr, la crise financière que vit le pays ces dernières années, mais aussi les pressions sociales, l’influence des stéréotypes, les lenteurs bureaucratiques, l’instabilité du cadre réglementaire, les pratiques discriminatoires par les entreprises et les banques à l’encontre de ces femmes.” L’absence de “success-story”, de modèle de réussite féminine en Algérie, vient, à son tour, favoriser un climat de stagnation.
Contrairement aux hommes, dont la réussite est relayée par les médias, les success-stories des femmes sont encore trop peu visibles d’après la chercheure.
Enfin, pour Hamach, des efforts sont fournis par différents ministères afin d’accompagner et encourager ces femmes, mais les structures mises en place ne sont pas coordonnées. À cela s’ajoute la non-application d’études menées sur le terrain par différents laboratoires et qui pourraient grandement aider le secteur. L’autre point fort de cette rencontre a été l’évocation de l’importance de la détermination par les différentes intervenantes, notamment Leïla Akli, fondatrice de l’agence de relations publiques PI Relations, et Dalila Nadjem, éditrice des éditions Dalimen et commissaire du Festival international de la bande dessinée d’Alger (Fibda).
Selon elles, quand une femme veut se lancer dans une nouvelle aventure professionnelle, son entourage, sa famille et la société prennent cela pour une lubie, une fantaisie typiquement féminine qui se soldera forcément par un échec.
Mais même si échec il y a, la persévérance, le sérieux et la confiance en soi restent les clés de la réussite, ont-elles fait connaître à leur auditoire.


Yasmine Azzouz 



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