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Maintien des élèves en classe jusqu’au 30 juin

Une décision irréfléchie, selon des syndicats

Les élèves n’attendent que la fin des examens pour partir en vacances. ©Archives Liberté

L’instruction de Benghabrit est jugée par les partenaires sociaux inapplicable dans les conditions de scolarité actuelles.

Les syndicats de l’éducation et les parents d’élèves appréhendent plutôt mal l’instruction ministérielle relative à la clôture de l’année scolaire pour les élèves. Certains vont même jusqu’à la qualifier d’irréfléchie, considérant qu’elle n’est applicable que si les conditions pédagogiques nécessaires sont réunies. Ainsi, le coordinateur national du Syndicat national autonome des professeurs d’enseignement secondaire et technique (Snapest), Meziane Meriane, estime que “si on a envie d’aller jusqu’au 30 juin comme stipulé, il faut créer un climat pédagogique identique à celui qui existe durant l’année scolaire”. Or, selon lui, les conditions n’existent pas actuellement. Il cite en exemple la fermeture des cantines scolaires. Il souligne également que “les examens de fin d’année ayant eu lieu dans certains établissements dès le mois de mai, cela ne motive pas l’élève à continuer les cours”. Le syndicaliste avance aussi un argument de taille : “Le bac était auparavant fixé au 3 juin, donc toute la programmation avait tenu compte de cette date. Tous les cours devaient se terminer le 3 juin, et dès lors qu’on a décalé au 30 juin, on a essayé de corriger, mais je dirai que les moyens d’accompagnement pédagogiques n’ont pas été mis à la disposition des établissements.” Pour sa part, Boualem Amoura, le président du Syndicat autonome des travailleurs de l’enseignement et de la formation (Satef), a rappelé que “la décision a été prise dans la précipitation et sans consultation préalable des partenaires sociaux”. Pour lui, retenir les élèves qui ont terminé leurs compositions n’est pas une sinécure, car ils deviennent difficiles à maîtriser. “À El-Oued, ils ont brûlé leurs blouses, la semaine passée”, rapporte-t-il, mentionnant au passage le problème de l’encadrement. “À partir du 23 mai, les enseignants seront appelés à surveiller les différents examens, 5e AP, BEM et bac”, souligne-t-il. Le responsable syndical a jugé tout aussi légère la décision de suspension des chefs d’établissement, arguant que certains ont déjà terminé leurs programmes. Quant aux activités ludiques préconisées, M. Amoura rappelle que “l’État n’a pas mis les moyens de sa politique”, citant en exemple les CEM qui n’ont ni laboratoire d’informatique, ni où faire du théâtre, ni où jouer aux échecs, etc. Il soulève aussi le problème de la fermeture des cantines scolaires. Autre son de cloche, Ahmed Khaled, le président de l’Association nationale des parents d’élèves (ANPE), a rappelé que “les élèves ont l’habitude de déserter les établissements à la fin des compositions. Auparavant, il était déjà difficile de les avoir le 1er juin pour célébrer l’Année internationale de l’enfance”. Il propose, pour y remédier, d’organiser cette année, du 15 au 23 juin, la semaine scolaire, où il y aura la distribution des bulletins et l’introduction des recours. Ainsi, dira-t-il, “l’école gardera les portes ouvertes pour les élèves, libre à chacun de faire des rattrapages ou des activités”. Le responsable de l’association des parents d’élèves plaide, lui, pour la sanction des chefs d’établissement qui auraient outrepassé l’instruction de Benghabrit. “Les chefs d’établissement qui n’auraient pas respecté le calendrier établi par le ministère de l’Éducation méritent d’être sanctionnés”, a-t-il déclaré, ajoutant que “l’année scolaire a connu deux mois et demi de retard dû aux grèves, en plus des intempéries qui ont touché 18 wilayas. Fermer les établissements à partir du 1er juin jusqu’en septembre est grave”. Il estime, par ailleurs, qu’en matière de moyens : “Ce qui nous manque c’est la bonne volonté, car les moyens existent.” Mais, concernant la fermeture des cantines scolaires, il a indiqué que son association allait adresser un rapport à la ministre de l’Éducation pour enquêter sur les cantines qui ont déjà fermé alors qu’elles devaient le faire le 31 mai, pour demander que leurs activités soient prolongées au 10 ou au 15 juin.

Amar Rafa
amar.rafa@liberte-algerie.com


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1 réactions
yanis le 21/05/2018 à 12h46

"Quant aux activités ludiques préconisées, M. Amoura rappelle que “l’État n’a pas mis les moyens de sa politique”, citant en exemple les CEM qui n’ont ni laboratoire d’informatique, ni où faire du théâtre, ni où jouer aux échecs," ils ont siphonné les 90% du budget en rappels et autres promotions bidons pour un rendement nul et faire détester les "élèves" les établissements scolaires jusqu'à les saccager, ces fossoyeurs de l'éducation nationale.

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