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L’Algérie profonde / Centre

Ils refusent de rejoindre le marché de proximité jugé inadéquat

Grogne des marchands de fruits et légumes de Tizi Gheniff

© D.R.

Les marchands de fruits et légumes du marché de Tizi Ghenif (50 kilomètres au sud de Tizi Ouzou) sont décidés à faire de la résistance. En effet, les affectations qui leur ont été destinées afin de rejoindre le marché de proximité réalisé au centre de l'actuel espace commercial ne les inquiètent pas outre mesure. “Nous ne quitterons pas nos stands. Nous y exerçons légalement parce que nous avons des registres du commerce et nous réglons nos impôts. Ce marché existe depuis plus de soixante-dix ans. Et ce n'est pas en un tour de main qu'il sera vendu”, s'insurge le délégué des marchands, Nouredine Diaf, affiliés à l'Association des commerçants et artisans de Tizi Ghenif. D'ailleurs, enchaîne-t-il, la décision de mener une action de protestation pour dénoncer toutes ces intimidations est déjà prise. “Nous fixerons la date de cette action prochainement. Nos responsables connaissent notre association. Pourquoi n'ont-ils pas decidé d'organiser une rencontre pour débattre de notre situation ?”, s’interroge notre interlocuteur. Selon ce dernier, les responsables locaux ne veulent pas ouvrir le dialogue parce qu'ils savent pertinemment qu'ils seront mis devant le fait accompli.
Alors, dira-t-il, ils n'ont pas trouvé mieux que de leur envoyer un huissier de justice. “Ce marché a toujours son adjudicateur, nous ne savons pas pourquoi alors il a été vendu à l'Agence foncière de Boghni pour construire des logements. Qui veut détruire cet espace ? Et pourtant, ce marché appelé Souk n'Sebt est connu de tous. Quant au marché de proximité, il est conçu pour éradiquer ceux qui sont dans l'informel. Or, les 78 marchands ne font pas partie de l'informel”, poursuit le même délégué. Selon des informations locales, ces marchands ont été priés d'aller prendre place à l'intérieur du marché couvert. “C'est un espace doté de toutes les commodités nécessaires pour exercer ces activités dans de bonnes conditions et dans la sécurité totale. S'ils persistent, après les mises en demeure, ce sera une affaire de justice. Et c'est à elle de trancher”, a déclaré le maire.
Il y a lieu de rappeler que ces commerçants avaient observé en novembre  2014 une grève de quinze jours. Mais depuis, le problème ressurgit à chaque tentative de récupération de cet espace.


O. Ghilès


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