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L’Algérie profonde / Centre

bouira

Les fournitures scolaires “flambent”

Certains articles proposés au marché de l’informel sont de piètre qualité. © D.R

La rentrée 2019/2020 est placée sous le signe d’une inflation galopante, où les fournitures les plus basiques ont connu un bon de plus de 30% par rapport à 2018.

À moins de dix jours de la rentrée scolaire, les parents doivent faire face à de multiples dépenses afin de contenter leurs enfants et être fin prêts. Après les dépenses des deux Aïds, les mariages et autres fêtes, voilà une autre saignée pour le portefeuille des ménages, lequel est déjà bien entamé. La rentrée 2019/2020 comme celle qui l’a précédée, est placée sous le signe d’une inflation galopante, où les fournitures les plus basiques, ont connu un bon de plus de 30% par rapport à 2018. Les différents commerces spécialisés en fournitures scolaires et autres papeteries au niveau de la wilaya de Bouira affichent des prix qui peuvent en choquer plus d’un, notamment les familles aux revenus modestes. En effet, les prix des cartables dits “bas de gamme” oscillent entre 1500 et 2000 DA. Les cahiers sont cédés à pas moins de 35 DA l’unité et les stylos, crayons, taille-crayons, varient entre 30 et 70 DA/ pièce. Ces prix sont pour les articles d’entrée de gamme. S’agissant des produits de marque, il faut compter le double, voire le triple de la somme. Ainsi, pour les cartables à l’effigie des héros des stars du ballon rond, à l’image des Neymar, Messi et autres Cristiano Ronaldo, le père de famille doit débourser pas moins de 3800 à 5000 DA. Idem pour les cartables et autres sacs au dos floqués des images de Dora, Barbie et autres héros de l’univers Marvel ou DC comics, qui valent la “modique” somme de 4500 DA. Si on veut des cartables de marques connues et réputés pour leur solidité, on peut attendre des sommets, puisqu’un cartable de marque allemande ou française, avoisine les 10 000 DA. Néanmoins, ces produits restent réservés à une certaine clientèle. Pour ce qui est des blouses, les prix sont également à la hausse comparativement à l’année dernière. Ils oscillent entre 1400 et 1600 DA. Mais que pensent les parents de ces prix ? Pour le savoir, nous avons interrogé quelques pères de familles rencontrés au niveau des papeteries et autres magasins spécialisés. Eh bien, les avis sont mitigés. Certains jugent ces prix relativement accessibles, tandis que d’autres les estiment prohibitifs. “Je suis père de 3 enfants, deux au secondaire et un au moyen. Je n’ai pas attendu la rentrée et la fameuse liste des fournitures pour entamer les achats”, nous a déclaré M. Hichem, un citoyen rencontré à proximité du quartier des 330-Logements, situé en plein cœur du chef-lieu de la wilaya. Pour d’autres en revanche, les fournitures scolaires sont hors de prix. “Pour mon fils qui est en classe de terminale, j’ai déjà déboursé près de 11 300 DA, sans compter les manuels scolaires. C’est cher ! Ils (commerçants, ndlr) veulent nous déplumer à tout prix. Mais que voulez-vous, on est pris en otage”, fulminera Tahar, un père de deux enfants. Plus globalement et selon nombre de commerçants, pour cette rentrée les articles scolaires enregistrent une hausse de 30% par rapport à 2018. Que serait une rentrée scolaire sans des habits flambant neufs afin que les écoliers et les collégiens puissent “parader” et quelque peu frimer durant les premiers jours de la rentrée ? “Pour habiller mon enfant qui fait sa rentrée au collège, j’ai déjà déboursé pas moins de 13 000 DA. Les vêtements sont chers, très chers même”, constate un père de famille croisé aux abords de marché El-Rahma.

L’informel, une alternative
Face à cette “flambée” des prix, certains foyers ont recours au marché de l’informel et même à la friperie, afin de satisfaire leurs enfants. Ainsi, les commerçants de l’informel profitent de cette rentrée scolaire en cédant des produits scolaires à des prix défaillant toute concurrence, mais la qualité ne suit pas toujours. Du côté de la placette Rahim-Gallia, en passant par le quartier des 1100-Logements ou bien la cité AADL des 132-Logements, ces “commerçants” étalent, allègrement, cahiers, trousses, stylos et autres fournitures, au vu et au su de tous. Certains d’entre eux, “narguent” les marchands légaux. Les articles proposés et qui, il faut bien le noter, sont de piètre facture et d’une provenance parfois douteuse, sont cédés à des prix imbattables. En effet, et lors d’une virée aux abords de ces “places” de l’informel, les prix affichés sont inférieurs d’au moins 20 à 30% que ceux affichés chez les papeteries de la ville. Cet argument ne laisse pas indifférent le consommateur lambda, notamment en ces temps où le moindre sou économisé compte à la fin du mois. Certains pères de familles, croisés à proximité du quartier des 140-Logements, avouent qu’ils préfèrent acheter les fournitures pour leur progéniture chez le trabendiste et économiser une centaine de dinars, au lieu de se faire déplumer chez le buraliste du coin. “J’ai acheté 9 cahiers, 3 trousses et 3 blouses, pour seulement 4500 DA. Ces achats m’auraient coûté le double si je les avais faits chez un commerçant spécialisé”, fera remarquer Smaïli, père de quatre enfants, dont trois scolarisés. Parmi les articles les plus convoités en cette période de pré-rentrée scolaire, on citera l’incontournable blouse. 
Cet habit obligatoire, coûte entre 1400 et 1600 DA chez les commerçants légaux. En revanche, chez les petits vendeurs à la sauvette, son prix oscille entre 800 et 1000 DA, une différence de taille. Cependant, il y a un gros hic… Ces blouses au rabais sont complètement décousues, pleine de défauts de fabrication, ce qui implique, forcément, des dangers pour les écoliers. Autres produits étalés sur les trottoirs et qui pourraient constituer un éventuel danger pour les enfants, ce sont les stylos à bille et à plume. Ils sont de piètre facture et facilement détachables, surtout les stylos à plume.


RAMDANE BOURAHLA



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