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L’Algérie profonde / Centre

Une autre source de mécontentement populaire À Bouira

L’explosif dossier du gaz naturel

Les citoyens de Boukram demandant le départ du président de l’APC. © D. R.

Après le logement et l'eau, le gaz est la troisième source des protestations quasi quotidiennes dans la wilaya de Bouira. 

Il n’y pas un jour qui passe sans qu'une route nationale, des sièges d'APC et de daïra ne soient fermés par la population de la wilaya de Bouira, qui revendique son droit d'être raccordée au réseau de gaz naturel. Les dernières manifestations en date sont celles des citoyens de Gora et Drafla (commune d'El-Hachimia), les villageois de plusieurs localités de la commune d'El-Maâmoura, ainsi que les citoyens de la municipalité de Souk El-Khmis, pour ne citer que celles-ci qui ont toutes un dénominateur commun : l'absence de raccordement au gaz naturel.

En dépit du fait que la wilaya de Bouira dispose d'un taux relativement satisfaisant par rapport aux wilayas limitrophes, estimé à 85%, de couverture en gaz naturel, il n'en demeure pas moins que cette énergie n'arrive pas dans tous les foyers de la wilaya. Ainsi, à en croire les chiffres de la direction de l'énergie locale, jusqu'au 1er octobre 2019, ce sont 16 000 foyers répartis à travers l'ensemble de la wilaya qui ne sont pas alimentés en ce précieux combustible. La cause ?

Contrairement aux déclarations rassurantes du ministre de l'Énergie, les projets liés au raccordement au gaz ont été sévèrement touchés par la crise économique, et nombre d'entre eux ont été tout bonnement gelés. Arkab préfère quant à lui le terme “prioriser”, mais la finalité est la même pour les citoyens concernés. Aussi bien à Sour El-Ghozlane, Taguedit, Bordj Okhris, réputées pour la rigueur de leur hiver, tout comme à El-Mokrani, Haïzer ou Ath Laqser, les citoyens des villages reculés grelottent de froid à cause du gel de leurs projets. 

En effet, les villages d’Ouled Gacem et Ouled Tadjine (commune de Sour El-Ghozlane, sud de la wilaya) ne sont toujours pas raccordés au réseau du gaz naturel, malgré le passage d'un réseau à proximité. Ces deux villages se chauffent encore à l’aide de bonbonnes de gaz. Pourtant, en décembre 2014 et suite à des émeutes dans la région, l’ex-wali de Bouira avait débloqué une cagnotte de 30 milliards de centimes, ayant pour but de raccorder ces deux villages.

Mais la crise financière est passée par là, et cette cagnotte a été reversée ailleurs. Idem pour les localités d'Ouled Annen et Ouled Slam (commune d'El-Mesdour), ou encore Ouled Laâlam et Ouled Moussa à Taguedit, où des projets ont été lancés en 2012 et 2013, puis arrêtés à cause d'insuffisance de financement. “Le réseau existe, il suffit juste de procéder à son extension pour toucher tous les foyers de nos villages. Nous avons saisi le maire et toutes les autorités concernées afin de prendre en charge l’opération, malheureusement le problème subsiste toujours”, affirment certains villageois d'Ouled Laâlam.

D'autres localités de la commune de Bordj Okhris, à l'instar de Maghnin, Laâouachria, El-Ouilat et El-Houamed, ont été carrément zappées du programme quinquennal 2014-2019. Dans la commune d'Ath Laqser, les villageois des localités de Tillioua, Boumnazel, Tigmit, Aherqan, Mellaoua, Ben Daâmache ont récemment interpellé le ministre de l'Énergie, afin de dénoncer le gel des projets de raccordement au réseau de gaz naturel, programmés depuis 2013.

Un programme d’un milliard de dinars, soit 100 milliards de centimes, a été accordé à la wilaya afin de procéder à la mise en place de 100 km de branchements de gaz naturel, dans le but de raccorder plusieurs localités de la wilaya au gaz naturel. Dix mois plus tard, la plupart des projets qui devaient être lancés ne le sont toujours pas. Interrogé à ce propos, le wali de Bouira a, certes, avoué un “certain retard” dans la mise en œuvre de ce vaste plan de raccordement, néanmoins il a tenu à rassurer les populations concernées. Selon M. Limani, tous les projets seront lancés à partir de ce mois de novembre.
 

RAMDANE BOURAHLA

 

 



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