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L’Algérie profonde / Centre

Détenus d’opinion

Tigzirt maintient le cap pour son 15e jeudi de mobilisation

Le portrait de Amar Acherfouche et ceux de nombreux autres détenus brandis par les manifestants à Tigzirt, comme chaque jeudi. © Tighilt/ Liberté

C’est une population visiblement plus déterminée que jamais à poursuivre sa mobilisation jusqu’à la libération de tous les détenus d’opinion et des manifestants emprisonnés pour port du drapeau amazigh qui a investi, avant-hier, jeudi, les rues de la ville côtière de Tigzirt, où une 15e marche a été organisée avec les mêmes slogans réclamant leur libération.

Bien que le portrait d’Acherfouche Amar, un natif de cette région, arrêté à Alger en juin dernier en possession de l’emblème amazigh avait, comme à l’accoutumée, prédominé dans la marche, ceux de nombreux autres détenus ont été brandis par les manifestants qui, comme chaque jeudi, profitent de cette manifestation pour réaffirmer leur rejet de l’élection présidentielle, la loi sur les hydrocarbures, la loi de finance tout en appelant au départ des symboles du régime.

Comme pour les marches précédentes, le coup d’envoi de la manifestation a été donné vers 10h30 depuis la place des Martyrs,  située au centre ville de Tigzirt, pour se diriger ensuite vers le tribunal de la ville où un sit-in de protestation a été tenu par les manifestants. Tout au long  de leur parcours, les centaines de manifestants qui  ont pris part à cette marche hebdomadaire ont repris leurs slogans habituels, demandant la libération d’Amar Acherfouche et de l’ensemble des détenus d’opinion arrêtés, pour la plupart à Alger, en possession de l’emblème amazigh.

Ils ont également dénoncé tous ceux qui, disent-ils, manœuvrent pour “permettre au système de se régénérer à travers  l’élection du 12 décembre prochain”. “Dawla madania machi askaria”, “Ulac l’vote ulac”, “Libérez les détenus”, “Bensalah dégage, Bedoui dégage”, sont, entre autres,  les slogans scandés à tue-tête par les manifestants qui, une fois devant le tribunal de la ville, ont observé un rassemblement au cours duquel ils ont dénoncé “une justice qui agit par téléphone”.

Sur place, et après une minute de silence, les différents intervenants ont demandé pourquoi certains tribunaux ont libéré normalement des détenus détenteurs de l’emblème amazigh, avec même la restitution de ce dernier car ne constituant pas un délit, alors que d’autres, notamment ceux d’Alger, refusent de faire de même ? “Nous tenons à dénoncer cette justice du deux poids, deux mesures car il est  anormal qu’on libère certains détenus et qu’on maintienne  en détention d’autres alors qu’ils sont tous arrêtés pour le même motif” a déclaré un manifestant qui a, en dernier, dénoncé “la lenteur observée dans le traitement par la justice des dossiers des détenus d’opinion”. 
 

K. Tighilt 



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