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L’Algérie profonde / Centre

Campagne oléicole à Bouira

Une production de plus de 7 millions de litres attendue

Pour cette année 2019, la récolte des olives s’annonce prometteuse et abondante. © R. Bourahla/Liberte

Elle vient tout juste de démarrer, et les prévisions de la direction des services agricoles sont optimistes. 

Selon la Direction des services,  agricoles (DSA), pour cette campagne 2019-2020, il est attendu plus 7,7 millions de litres d'huile d'olive. S'agissant de la surface exploitée en oliviers, elle s'élève à 29 000 ha sur un total de 37 264 ha. Pour ce qui est du rendement espéré, les services de la DSA tablent sur 20 à 22 l/q (litres par quintal), ce qui est considéré comme étant un rendement satisfaisant, même s’ils évoquent une “légère baisse” par rapport à la saison écoulée, notamment à cause du phénomène naturel d’alternance.

Dans la région de M'chedellah, une quarantaine kilomètres à l’est de Bouira, de nombreuses familles font de cette besogne un moment d’extrême convivialité, où chacun met du sien pour récolter le fruit de durs labeurs. Samedi dernier, 8h, dans la localité de Tazemouth, aux premières lueurs du jour, plusieurs familles commençaient déjà à installer le “camp de base”.

La récolte s’annonce abondante 
Messaoud, le chef de l’une d’elles, se prépare pour sa part. “Une belle journée pour une belle récolte !”, a-t-il lancé d’emblée. Ce personnage haut en couleur respire la joie de vivre et inspire une certaine bienveillance propre aux gens de la campagne. D’un coup, ce brave homme à l’allume juvénile en dépit de ces 63 ans – comme quoi l’huile d’olive conserve son homme – bondit comme un jeunot, enlève son burnous et dévoile son bleu de travail, un pantalon pratiquement en haillons et un pull en laine tout aussi décousu.

“Pour cette tâche, se mettre sur son 31 ne sert à rien, et la dame va encore râler.”  Il grimpe les marches de l’échelle deux à deux à une vitesse qui donne le vertige. En deux temps, trois mouvements, notre gaillard se hisse au sommet de l’olivier. Là, une chose l’intrigue et le met hors de lui : les étourneaux sont passés par là.

“Ces maudits oiseaux vont me rendre malade ! Pourtant, j’ai installé un épouvantail, mais cela ne change rien. À croire que ces oiseaux n’ont plus peur de rien”, a-t-il fulminé. Une fois calmé, Messaoud se met sérieusement à la tâche. Ses grosses mains rugueuses cueillent les olives par grappes entière. Il ne fait point dans la dentelle. 

“C’est un travail des plus harassants, mais que voulez-vous ? C’est notre terre, c’est notre bien le plus précieux, il faut en prendre soin et elle nous récompense en retour et nous le laissons à nos enfants.” Interrogé à propos de la récolte de cette année, notre interlocuteur apportera un sérieux démenti aux services de la DSA. “Elle s’annonce prometteuse et abondante et mieux que l’an dernier. Ces messieurs en costume n’ont jamais mis les pieds dans un champ et font parler les chiffres à leur convenance”, a-t-il certifié.  
 
Les huileries tournent à plein régime
Une fois la cueillette achevée, direction l’huilerie située à quelques encablures de là, aux abords de la RN5 reliant El-Adjiba à l’échangeur de l’autoroute Est-Ouest. Le propriétaire de cette huilerie semi-traditionnelle, où chaque “pépite” est soigneusement triturée et pressée afin d’en extraire le précieux breuvage, nous explique le processus à suivre.

“L’extraction de l’huile d’olive est dans les faits assez simple. On n’est pas plus intelligent que nos aïeux, on reproduit à l’identique le même processus que nos grands-pères, à savoir la trituration de l’olive, son pressage et enfin sa décantation”, a-t-il fait savoir. Ainsi, au fond d’une cuvette faisant 2,5 m de profondeur, les sacs d’olives sont vidés, pour ensuite être aspirées vers une grosse machine, qu’on appelle la “sépareuse”. Les olives sont alors déplacées par petites quantités vers un souffleur à l'aide d'un tapis roulant.

Elles subissent la première opération qui consiste à éjecter les feuilles d'oliviers avant qu'elles n'arrivent dans un bac plein d'eau chaude où elles sont lavées. Pour la seconde étape, les olives sont acheminées vers le broyeur en passant sous de petits jets d'eau chaude, les rendant plus propres et prêtes au broyage.

Là, on obtient une pâte noire, crasseuse, à la texture rêche. Il faudra encore passer par une troisième étape, consistant à presser cette pâte pour en extraire l’huile. “Maintenant que nous avons une pâte fine et onctueuse, il faut bien séparer les liquides, huile et eau, des fibres végétales de la pulpe et ligneuses du noyau”, soulignera notre interlocuteur.

Pour ce faire, la pâte est placée en couche de 3 cm d'épaisseur environ dans des sacs en forme de disque, eux-mêmes empilés les uns sur les autres autour d'un pivot central, appelé aiguille, monté sur un petit chariot, et c’est la presse qui fait le reste. Quasi instantanément, un liquide jaunâtre et visqueux coule au bout de la presse : l’huile d’olive, le nectar de la Kabylie ancestrale.

650 à 700 DA le litre
Le prix de l’huile d’olive reste relativement stable par rapport à la saison écoulée. En effet, alors que la campagne oléicole de cette année vient d’être entamée, cet or vert oscille entre 650 et 700 DA le litre. Ainsi, dans les diverses huileries de la wilaya, tout le monde s’accorde à dire que cela est dû en grande partie à l’entretien des oliveraies et à la bonne récolte. Un coût qui, sûrement, ne connaîtra pas de chute et sera maintenu par les propriétaires d’huileries et même par les particuliers.

Les paysans et autres propriétaires des différentes oliveraies ont appréhendé avant l’entame de la récolte un faible rendement, eu égard au manque de pluies pour l’olivier. Finalement, les quantités considérables de pluies enregistrées début novembre ont été d’un apport considérable pour un meilleur rendement. 

Il suffit d’effectuer une virée dans les nombreuses huileries que compte ladite commune pour constater les énormes quantités du produit déposées dans les plateformes de ces industries qui sont loin d’être comparables à celles des années passées. “Cela dénote une récolte fructueuse de ce produit agricole cette année. Même le rendement est prometteur, il oscille entre 20 et 25 litres par quintal.”
 

RAMDANE BOURAHLA

 

 



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