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L’Algérie profonde / Centre

Inondations à la moindre ondée à Bouira

Une responsabilité collective

Les dernières pluies de septembre dernier avaient provoqué d’importants dégâts matériels. © D. R.

Les services municipaux sont particulièrement pointés du doigt.

Le scénario des inondations à Bouira risque de se reproduire telle une histoire sans fin, et ce, à la moindre ondée. En effet, les citoyens dès l'annonce d'une quelconque averse, aussi minime soit-elle, appréhendent systématiquement le fait de se retrouver les pieds dans l'eau. Les dernières pluies orageuses du mois de septembre dernier avaient provoqué des dégâts matériels assez significatifs et dans certaines communes, notamment à Aomar, plusieurs quartiers de la ville, ont été littéralement submergés par les eaux. Pire encore, au niveau des localités de Ouled Bellil, Ben Haroun, Aït Ben Amar et Ighrem, respectivement dans les communes de Bouira, Djebahia, Aïn Lahdjar et Ahnif, plusieurs dizaines de familles, ont quasiment tout perdu en l'espace de quelques minutes. 

Les services de la voirie accusés de “négligence” 
Qui endosse la responsabilité de ces désastres à répétition ? La question mérite d'être posée à plus d'un titre, car les pouvoirs publics au même titre que les citoyens se renvoient la responsabilité. Du côté de la population, s'il y a un seul et unique “coupable”, il est du côté des services municipaux. 
Ces derniers sont accusés par les citoyens de “négligence” dans l'entretien des canaux d'évacuation des eaux pluviales et autres avaloirs.

À ce propos, le wali de Bouira a récemment joint sa voix à celle de la population en affirmant que certains P/APC font montre de négligence en la matière. “Ce n'est pas mon rôle de vous inciter nuit et jour à procéder au curage des avaloirs en temps opportun. C'est votre rôle et mieux encore, votre devoir envers vos concitoyens”, assénera le chef de l'exécutif de Bouira. Dans ce sens, la population tout comme le premier magistrat de la wilaya n'ont pas forcément tort.  En effet et au niveau du chef-lieu de wilaya, les avaloirs de plusieurs quartiers n'ont toujours pas été débouchés. 

Ainsi du côté de la cité des 250-Logements (ex-Mentech), les bouches d'égout restent irrémédiablement obstruées. Même cas de figure au quartier des 1100-Logements, où les avaloirs n'ont toujours pas été débouchés, alors que nous sommes aux portes de l'hiver. Dans la commune voisine de Aïn Turk, la situation est identique, voire plus catastrophique. Et pour cause, pratiquement tous les quartiers sont exposés aux risques des inondations du fait qu'aucune mesure n'a été entreprise par les services de la voirie afin de limiter les dégâts. “Nous avons écrit au P/APC, au chef de daïra de Bouira. En vain”, attestent certains riverains. 

Au niveau de la commune de Sour El-Ghozlane, plusieurs quartiers, notamment El-Djebs, Loucif et la cité de l'ALN, sont sérieusement exposés aux inondations. Pourtant et jusqu'à présent, aucune opération visant à désengorger les canaux d'écoulement pluvial n'a été entreprise par les services de l'APC.  “Cette situation est de la faute des services de la voirie de l'APC ! S'ils avaient fait leur travail, nous n’en serions pas là !”, avait fulminé un riverain de la localité d'El-Djebsa, lors des dernières intempéries qu'a connues la région. L'une des rares APC a avoir récemment entamé une vaste opération de curage des avaloirs est celle de Lakhdaria. 

Les APC et l'ONA s'en lavent les mains 
Face à ces faits, on serait tenté de croire que le tort exclusif reviendrait aux services municipaux. Or, dans les faits et selon certains élus, les choses ne sont pas aussi manichéennes. En effet et à en croire Ahcen Guettaf, vice-P/APC de Bouira, certains citoyens font preuve d'incivisme manifeste. “On le débouche la matinée, le même avaloir est obstrué l'après-midi du fait que certains citoyens jettent des gobelets en plastique et autres déchets à l'intérieur même des bouches d'égout”, fera remarquer cet édile. Selon lui, ses services, en collaboration avec ceux de l'Office national de l’assainissement (ONA), ont procédé dès août dernier au curage des avaloirs au niveau des “points noirs” recensés à travers la ville de Bouira. 

Les mêmes complaintes ont été faites par les services communaux des APC de Kadiria et Aomar. “Nous n'avons pas attendu l'hiver pour entamer des opérations de curage, mais à chaque fois, on se retrouve à faire le même travail du fait de l'incivisme de certains citoyens”, dira, d'un ton dépité, le P/APC de Kadiria.  À Aomar et juste après la catastrophe du 20 septembre dernier, les agents de l'ONA et ceux de l'APC, ont lancé une campagne de sensibilisation au profit des citoyens, afin de les inciter à ne plus jeter leurs ordures à proximité des avaloirs.

Du côté de l'ONA, organisme auquel incombent la maintenance, le renouvellement, l'extension, l'exploitation et l'évacuation des eaux pluviales de la wilaya, on se plaint de “surcharge”.  Ses responsables ont récemment affirmé sur les ondes de radio Bouira que leur organisme est “débordé” et que la situation actuelle relève aussi de la responsabilité des citoyens : “Certains citoyens jettent leurs déchets à proximité des bouches d'évacuation.

Par conséquent, elles se retrouvent obstruées à chaque averse. Nos équipes sont vraiment débordées.”  À titre indicatif, en début d'année, des experts en prévention contre les inondations ont organisé un colloque à Tikjda, sur les hauteurs de Bouira. Ils avaient alors préconisé, entre autres, la prévision à long terme en se basant sur les historiques et les cartes à risques, ainsi que la cartographie de l’occupation du sol et le recalibrage des cours d’eau. 
 

RAMDANE BOURAHLA 

 



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