Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

contrechamp / ACTUALITÉS

2020, la fin du système ?

À l’orée de l’an 2020, l’Algérie se trouve dans une situation à première vue paradoxale. Depuis plus dix mois, un mouvement populaire massif, pacifique et déterminé revendique la mise en place d’un système de pouvoir civil et démocratique. Mais, après dix mois d’une mobilisation souvent vilipendée et réprimée, le régime se fait plus que jamais militaire et autoritaire.
L’an 2020 s’ouvre sur un état lamentable des droits des citoyens : l’ampleur de cette régression des libertés se mesure à travers le nombre record de prisonniers politiques et d’opinion, la pratique systématique de la censure de la presse et la répression, par endroits brutale, des manifestations… Le pouvoir s’enfonce dans la fuite en avant répressive qui a commencé dès le début de l’été 2019 et le divorce entre la revendication populaire de rupture systémique, d’un côté, et son intransigeance conservatrice, de l’autre.
Politiquement, le régime fait comme si de rien n’était et se perd dans ses activités restauratrices–élection, nominations…–réservant la sourde oreille aux revendications politiques citoyennes. C’est ainsi, parfois quand la réponse à une demande s’avère insupportable pour le pouvoir en place, il ne lui reste que le choix d’ignorer le problème. Et de dériver dans le déni, faisant mine de croire à des élections qui n’ont engagé qu’une marge de l’électorat national et qui ont connu le boycott absolu dans une importante région du pays.
En face, le mouvement populaire, au lieu de pâtir du déni de réalité et la politique autoritaire et de verrouillage démocratique, se raffermit et s’amplifie. Le peuple manifestant perçoit bien que le refus de prise en compte de sa revendication vient d’un refus de restitution du pouvoir d’orientation politique à un peuple qui a finalement décidé de s’approprier sa légitime souveraineté. Mais le hirak s’est mis en perspective historique, de sorte que l’aspiration démocratique qu’il projette dans ce mouvement ne peut être contrariée par les péripéties de la vie politique à court terme.
La revendication tardera donc dans sa matérialisation institutionnelle mais ira en se renforçant dans sa résolution. 
Ainsi, l’évolution de la situation nationale, depuis le début du mouvement populaire, n’a rien de paradoxal, comme on pourrait le penser. C’est même dans la nature des choses que, dans un mouvement contradictoire–l’un révolutionnaire, l’autre immobiliste, dans notre cas–les caractéristiques de l’un et de l’autre vont en s’exacerbant. L’usage de la répression et l’attitude de déni sont aussi les signes d’une faiblesse politique. 
Puisse l’année 2020 clôturer le bilan désastreux de ce système !
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr

 


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER