Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

contrechamp / ACTUALITÉS

Autoritarisme, dialogue et transition

Hier, les familles et les avocats des détenus du hirak et des citoyens venus les soutenir se sont encore rassemblés pour exiger la libération de ces prisonniers politiques. Au même moment, le “Forum civil pour le changement”, partie prenante de la “conférence des dynamiques de la société civile”, rendait publique une liste de personnalités susceptibles de constituer le “panel” évoqué la veille par le président Bensalah comme futur animateur du “dialogue”. Il y a comme un décalage entre les deux situations, l’une symbolisant la méthode musclée par laquelle on compte assurer la continuité du régime autoritaire régnant, l’autre exprimant les sempiternelles manœuvres par lesquelles le “dialogue” vient traditionnellement entériner le fait accompli. Depuis que l’aspiration populaire à la démocratie a été formellement reconnue et légitimée en 1988, les crises politiques sont invariablement conçues comme de simples brouilles bilatérales entre deux versants de la société, brouilles devant être résolues dans un “dialogue” supervisé par un troisième intervenant, forcément impartial. Ces querelles “entre frères” relèvent nécessairement de la simple incompréhension : le malentendu est alors soluble dans la palabre ; c’est juste une question de crédibilité et de talent du conciliateur. Tout se passe comme si, entre Algériens, il ne pourrait y avoir de divergences politiques irréductibles et que ne peuvent trancher que les lois de la démocratie : celles de la soumission de la minorité à la décision de la majorité et du respect de la majorité pour les libertés de la minorité. Cette vision volontairement étriquée, plus souvent empruntée que sincère, est à la base de “brillantes” carrières politiques et des forces politiques illustres qui ont prospéré sur le seul programme de l’appel au dialogue ! L’art de vivre de la politique sans se mouiller !

L’emprise de Bouteflika n’est rien d’autre que le fruit de l’illusion de réconciliation… nationale en plus ! Et donc générale. Une “réconciliation” qu’il a pu faire miroiter aux yeux d’une large partie des Algériens et des partenaires étrangères faussement convertis à la possibilité de réconcilier une idéologie conquérante et le monde qu’elle veut conquérir. En Algérie, non plus, il n’y avait que ceux qui trouvaient intérêt  à s’accrocher à un régime de pillage national qui firent semblant d’y croire. Après la fraude, c’est l’avidité humaine qui est à l’origine de ses “majorités écrasantes” renouvelées. D’ailleurs, l’argent et les affaires ont constitué la première motivation des quelques “repentis” recensés… Aujourd’hui que le peuple, après avoir subi plus d’un demi-siècle d’un État conçu pour satisfaire la cupidité des clans régnants, semble largement partager la volonté de se donner enfin un État souverain, on lui propose encore un dialogue. Un dialogue entre lui et le régime qu’il veut troquer contre la république de son rêve. Sans anticiper sur l’accueil que le mouvement populaire réservera à cette proposition, on peut se demander : pourquoi un panel de superviseurs de dialogue et non un panel de gestion de la transition ? Est-ce que cette idée de transition est insupportable en ce qu’elle suppose le passage d’un État à un autre, le changement ? 


M. H.

musthammouche@yahoo.fr 


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER