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contrechamp / ACTUALITÉS

Aveuglement


Le contenu du discours, de médiocre qualité, lu au nom du Président pour ce 24 Février, montre le décalage que le pouvoir continue à entretenir, non seulement avec le peuple, mais aussi maintenant, au vu des événements, avec le réel.
De ce message du Président, où il est encore question de ses “réalisations”, on peut déduire que Bouteflika n’est pas informé du mouvement populaire pour le changement qui, depuis vendredi, traverse l’ensemble du pays et qui se poursuivait hier, y compris à Adrar, lieu choisi cette année pour commémorer le double anniversaire de la création de l’UGTA et de la nationalisation des hydrocarbures. En passant, posons la question : que faisait Sellal, directeur de campagne de Bouteflika, là-bas, puisqu’il s’agit d’une cérémonie de commémoration  d’événements nationaux ordinairement accomplie par l’État et non par un candidat ?
Mais nous n’en sommes pas au premier détournement de symbole et pas au dernier tant que le sigle FLN n’est pas remisé à sa place naturelle, le musée de l’histoire nationale.
Le rédacteur du message présidentiel n’a pas cru utile de formuler une réponse politique aux dizaines de manifestations populaires ayant appelé à l’annulation du cinquième mandat. Le ministre de l’Intérieur semblait ainsi lire un texte rédigé bien avant le 22 février. Il y est question de réalisations censées justifier, voire rendre nécessaire, la continuité. Le pouvoir a donc choisi d’ignorer la demande d’annulation du cinquième mandat exprimée par les manifestants. Il y a quelque chose de singulier dans la réaction des dictatures parvenues en fin de cycle, lorsque le peuple finit par se résoudre à prendre son destin en main et entreprend de les déloger de son État : elles sombrent presque toujours dans le déni de réalité. Dans notre cas, on a commencé par offenser les opposants au cinquième mandat, par la voix du chef désigné du FLN et président par effraction de l’APN. Puis, on a entrepris de minimiser l’ampleur et l’assise du mouvement, réduit à une initiative de jeunes turbulents qui profitent de “la démocratie introduite par Bouteflika” (Ghoul) ou participent à “l’ambiance des élections” (un fonctionnaire du ministère de
l’Intérieur)…
Pourtant, on voit bien qu’un
Nekkaz, qui n’a que son smartphone pour arme de propagande, est en train de rassembler des foules de plus en plus denses, alors que les représentants du cinquième mandat sont contraints de se filmer en conférences confidentielles et peinent de plus à se présenter devant les Algériens. Désormais, les moyens de l’État dont ils disposent et abusent à leur guise ne leur sont plus de quelque utilité.
Mais l’effet le plus inquiétant de cet aveuglement est que, depuis hier, la riposte à la vague de rejets de “la continuité” tend à privilégier la manière forte : à la stratégie de la censure adoptée d’emblée, voici venu le temps de la répression.
Le message n’augure rien de bon : le régime n’arrive pas, ou ne veut pas, prendre la réelle mesure de ce moment d’Histoire.


M. H.

 


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