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contrechamp / ACTUALITÉS

Changement et décadence

Au regard de la conception du pouvoir propre au système algérien, Abdelaziz Ziari, quand il dit qu’Ouyahia est “le meilleur candidat pour succéder à
Bouteflika”.  
Un tel avis d’un sociétaire de ce système sonne comme une mise en garde à l’endroit de ceux qui s’impatientent de voir le régime prendre fin. Il ne le fait peut-être pas exprès, mais le message s’énonce de lui-même : ne vous réjouissez trop vite du “changement” qui se profile à plus ou moins brève échéance ; attendez-vous peut-être à pire.
Et si le “comité stratégique pour la continuité”, dans lequel Ghoul joue au plus malin, se débat dans ses formules de prorogation de mandat, ce n’est point parce que le clan a peur du changement. Ce changement-là, celui auquel rêvent ceux qui s’impatientent de tourner la page Bouteflika, n’est pas à l’ordre du jour. Non. Si le moment pose problème, c’est qu’il s’agit justement de promotion interne à la caste. Une caste qui, malheureusement pour elle, et du fait de son incohésion politique chronique et de son fonctionnement de secte, n’a pas pu élaborer des règles de succession depuis vingt ans qu’elle sévit.
L’Algérie indépendante a, d’emblée, choisi de résoudre la question de la transmission politique par le rapport de force physique. Même si la propagande tente toujours de donner à ces “alternances” putschistes l’apparence d’un fait de consensus. À la différence des “changements” passés, cette fois-ci, le pouvoir donne l’impression qu’il a figé ce rapport de force à son avantage définitif.
Mais avec l’aggravation de l’état de santé de Bouteflika, l’équilibre, trop dépendant de sa personne, semble menacé aux yeux des “proches”. À moins qu’il ne le soit effectivement. D’où cette agitation, un peu pour prendre les événements de vitesse, un peu pour se donner de la contenance.  
À la vérité, il est peut probable que 2019 soit une année de changement. Au sens politique. Si le peuple a su endurer, ou savourer, c’est selon, ce régime durant deux décennies, c’est qu’il n’est pas particulièrement soucieux d’une rapide évolution politique de son pays. Le pouvoir a su massivement nous convertir en société d’écornifleurs et d’accumulateurs éloignés des préoccupations prospectives. Tant que subsiste l’illusion d’un État prodigue, le changement ne sera pas une revendication populaire. Le pouvoir ne chutera que par
impécuniosité.
Et un changement maison ne freinera pas le mouvement de processus de décadence tôt entamé par un travail de décérébration scolaire, de propagande politique, de fanatisation religieuse et de corruption morale. Cette décadence culturelle a engagé de gros moyens institutionnels. La politique de “réconciliation nationale” a constitué le couronnement de cette œuvre de détérioration mentale de la société ; celle-ci a été livrée au mouvement de régression islamiste parce que le régime trouve avantage dans le pouvoir engourdissant du fatalisme pieux.
Au cours de la “décennie noire”, tout de même  moment de renaissance politique nationale, le pouvoir était contraint d’appréhender les aspirations qui émanaient de la société. Depuis, il a su organiser la transition vers une société normalisée. La voie semble désormais libre : il peut encore s’offrir un de ces cas de conscience qu’il semble affectionner : choisir entre le “pire” et “le moins pire”.


M. H.


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