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contrechamp / ACTUALITÉS

Contexte et migration

Après la visite d’Angela Merkel, le rapatriement des Algériens en séjour illégal en Allemagne devrait s’accélérer. Une accélération nécessairement amortie par le décalage, à ne jamais sous-estimer, entre la résolution exprimée et sa mise en œuvre par nos autorités.
Mais, politiquement parlant, la chancelière n’aura pas fait le voyage pour rien : dans la controverse autour de la question migratoire qui occupe l’Europe, et l’Allemagne en particulier, elle aura marqué un point. En contrepartie, cette visite constitue, pour un régime qui a toujours fait valoir la reconnaissance internationale dans son bilan de légitimité, un élément de campagne bienvenu en cette veille d’échéance présidentielle. Autre contrepartie, Merkel nous délivre le label de “pays sûr” dans un projet de loi opportunément concocté pour la bonne cause. Un label qui veut dire que la plus grande puissance politique et économique d’Europe n’a rien à nous objecter en matière de sécurité et rien à nous reprocher en matière de justice.  
Ceci pour le partenariat gagnant-gagnant. Pour le reste, Merkel n’étant pas P-DG de Mercedes ou de Siemens, elle ne peut même pas obliger la Lufthansa à transporter des expulsés.
Les dispositions de renvoi, si elles dissuadent quelque peu les candidats à l’exil, sont loin de constituer une solution au phénomène migratoire. Si la coordination bilatérale parvient à atténuer la pression migratoire, elle ne résout pas la question pour autant. Pour la raison principale que le ferment de l’émigration juvénile est d’ordre local. Le contexte qui génère l’initiative migratoire n’est pas en train d’évoluer. Une récente étude américaine a estimé à 46% la proportion de jeunes Maghrébins qui caressent le rêve d’une vie ailleurs. Et ni le bon niveau d’instructions ni le bon rang social ne les en dissuadent.
Notre jeunesse, même en partie formée à l’intolérance, souffre de ce qu’elle l’oppresse. En termes de vie culturelle, de liberté de mouvement et de loisirs, elle vit dans une misère absolue. Le jeune Algérien moyen ne connaît presque pas de salles de spectacles à sa portée, peu de vrais terrains et salles de sport, pas du tout de cinémas ; quand elle existe, sa vie affective et sexuelle est clandestine et se passe sous la menace du scandale et de la répression ; son école et son université, lorsqu’il étudie, sont sans vie périscolaire… On a beau lui expliquer que la bigoterie compense ses privations psychiques, intellectuelles et physiques, sa nature d’homme finit par submerger le “citoyen-fidèle” qu’on attend de lui qu’il soit.
Le pays n’en finit pas de s’enfoncer dans la désolation, au point où, dans la campagne triste, des adolescents accablés par l’ennui s’amusent… à “caillasser” les trains qui passent. Devant ce désert, il déduit que la vie est ailleurs. Exactement comme les Algériens “normaux” qui ne conçoivent leurs vacances qu’ailleurs. Lui, c’est sa vie qu’il voudrait déplacer ailleurs.
On peut en renvoyer certains, tant que ces jeunes n’ont pas le cadre de vie qui leur permet de vivre leur jeunesse et de croire en leurs rêves, il en repartira d’autres.


M. H.


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