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contrechamp / ACTUALITÉS

Crise : les mots et les choses

Le SG par intérim de l’ONM a une drôle de manière d’apporter son soutien à l’élection du 12 décembre. Il s’est placé du côté des manifestants pour les appeler à… voter pour le meilleur candidat. Sur un air d’“un ami qui vous veut du bien”, il écrit dans un communiqué rendu public avant-hier que “vu l’importance de l’institution présidentielle, il est demandé au “hirak” de choisir la personne qu’il voit capable de répondre positivement à ses aspirations”.

Par cette circonlocution, Mohand Ouamer Benelhadj aura résolu le problème de la participation au scrutin sans coup férir : elle sous-entend que le “hirak”, c’est-à-dire les Algériens qui marchent, va voter parce que “les mesures d’apaisement” auxquelles il appelle vont venir et parce que “la place de l’Algérie dans le concert des nations” est en jeu. Moitié pronostic, moitié positionnement, il n’a pas à énoncer et à assumer un franc appel en direction du “hirak” pour qu’il vote. Il met le “hirak” en situation de voter sans avoir à l’y appeler expressément. Il ne lui reste alors qu’à “choisir la personne (…) capable de répondre positivement à ses aspirations”. Là, non plus, Benelhadj ne dit pas ce qui le fait penser que le “hirak” pourra effectivement “choisir” cette bonne personne. Le SG par intérim de l’Organisation nationale des moudjahidine prend ainsi parti pour l’élection tout en ménageant les hirakistes qui s’y opposent.

Une équidistance à moindres frais. Déjà qu’on commençait à s’interroger sur l’attitude de l’organisation dans l’affaire du commandant Lakhdar Bouregâa… Et justement, si l’on rapproche le communiqué de l’ONM de la lettre presque concomitante de l’illustre prisonnier, une lettre dont le sens est difficile à saisir en entier, on se demande s’il n’y a pas quelques échanges ésotériques entre chapelles par-dessus la situation politique du pays… Ce serait alors un peu désinvolte comme démarche parce que, pendant que se disputent peut-être des positions dans le régime, des citoyens sincères, jeunes et moins jeunes, se font réprimer et incarcérer, parce que le pays est en train de subir des dégâts et de cumuler des retards en tous domaines et, surtout, parce que c’est la perspective nationale qui est en jeu dans la crise actuelle. 

Ce ne serait pas honorer le sacrifice de ceux qui endurent l’incarcération pour voir leur cause aboutir que de regarder ce mouvement par la lorgnette catégorielle. Il serait irrespectueux pour une mobilisation populaire et nationale que de prendre exemple sur ce représentant des retraités de l’ANP qui menaçait l’administration de… rejoindre le “hirak” si ses revendications sociales n’étaient pas satisfaites ! En temps de crise, il est salutaire que les positions soient clairement énoncées car ce n’est pas aider le pays que d’ajouter à la confusion. 

 

M. H.

musthammouche@yahoo.fr


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