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contrechamp / ACTUALITÉS

Débat parlementaire et enjeu révolutionnaire


C’est une paradoxale situation que ce gouvernement de contournement du mouvement populaire présentant un “plan d’action” à une Assemblée nationale reliquat d’un régime que le peuple s’emploie à déchoir.

Le face-face réunit donc un Exécutif frappé du discrédit d’une élection rejetée et des députés abandonnés en rase-campagne par des parrains en déroute. Le premier joue la scène du pouvoir nouveau qui doit obliger le parlement résiduel à endosser un programme censé traduire les intérêts et les demandes d’un peuple en révolte légitime ; les seconds, ne pouvant se laisser accabler de s’opposer à un si noble dessein, n’ont que le choix de l’approuver. Mais non sans profiter de l’opportunité pour s’exercer enfin à l’art de la critique. Pas trop tout de même, car il faut rassurer l’actuelle autorité de la disponibilité finale du personnel législatif.
Dans le système algérien, il n’y a jamais eu de couacs dans le processus de législation : dans les faits, et en dépit de l’orthodoxie républicaine à laquelle s’accrochent nos successives constitutions, les tâches sont clairement définies : en gros, l’Exécutif légifère et le législatif exécute. Et ce ne sont pas les circonstances, si particulières soient-elles, qui vont y changer quelque chose. Ainsi un gouvernement vient pour convaincre une assemblée que les professions libérales ne sont pas suffisamment imposés et qu’il faille y remédier, puis un autre gouvernement vient les convaincre, moins d’un an plus tard, qu’il n’était pas juste de taxer cette catégorie fiscale plus qu’elle ne l’était déjà. Mais sans trop appuyer, comme l’a fait Abdelaziz Djerad, sur la complaisance législative de notre APN.  En famille, les enjeux économiques et sociaux ne sont pas porteurs de discorde ; les joutes parlementaires, c’est juste pour le public. Et le public, aujourd’hui, c’est d’abord le mouvement populaire. L’enjeu qui engage les différents compartiments du régime est de nature politique : quelles parties, quels aspects du régime le pouvoir s’apprête à sacrifier pour espérer créer un mouvement de contentement à l’intérieur du mouvement de revendication ? 
Le pouvoir fonde sa stratégie d’”Algérie nouvelle”, alternative à la revendication populaire de transition constituante, sur une “profonde” révision constitutionnelle. Ce qui se joue pour les députés en fonction, c’est, dans un premier temps, la survie du Parlement et, dans un deuxième temps, et c’est le plus décisif, la rémanence des partis d’un système révoqué par le peuple, le RND et le FLN en particulier !  
On aura remarqué l’insistance de certains intervenants dans l’hémisphère sur la nécessité d’une solution “inclusive” à la crise politique. Pour le régime, le mouvement populaire est loin d’être une source d’inspiration programmatique ; il est une variable de gestion de la transition restauratrice du même régime. 
Les limites de cette gestion sont déterminées par la volonté conservatrice du système, par la nécessité de conjurer la revendication populaire de rupture systémique. 
Même l’antagonisme, même lorsqu’il se manifeste théâtralement, est le produit des contingences du moment. 
Le véritable enjeu politique est, pour longtemps encore peut-être, toujours en mouvement.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


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