Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

contrechamp / ACTUALITÉS

Des candidatures négation de la rupture

Il n’a pas encore déposé son dossier de candidature qu’il a déjà fait étalage de l’étendue de sa mauvaise foi. Se plaignant du règlement de compte dont son fils aurait été victime par procuration, il s’interdit à tout commentaire sur le calvaire des prisonniers d’opinion. Là, “la justice est indépendante”, dit-il.
En parlant de justice, Abdelmadjid Tebboune sait qu’il parle du régime, celui qui, rêve-t-il, va le faire roi. Alors, pas d’écart. Pour un aspirant président, ce n’est pas très téméraire. L’occasion fait le larron, dit-on, mais le larron ne finit pas forcément président. Mais en observant le pool de candidats qui commencent à se détacher de la foule de postulants, on se dit qu’il y a déjà dans ces profils une preuve que le pouvoir n’a pas été bien inspiré de tenter une restauration électorale du régime.
Depuis qu’il a adopté son orientation pour un processus électoral au détriment de la revendication de la solution de transition, les signes attestant de sa méprise se multiplient. Le premier réside dans la résilience du hirak qui, malgré les entraves, les pressions, les aléas climatiques et les contraintes personnelles et familiales, s’est poursuivi et s’est même relancé ces dernières semaines… L’autre indice est dans l’attitude des détenus politiques : elle montre que la démarche répressive, au lieu d’affaiblir le mouvement populaire, lui offre l’occasion d’élaborer une pédagogie de la résistance citoyenne. La barre est déjà placée haut pour les éventuelles futures épreuves. Et la prison, au lieu de décourager le mouvement, est en train de le vivifier.
On peut maintenant observer une nouvelle manifestation de l’impasse vers laquelle le régime se dirige allègrement. Elle tient dans le profil des candidatures qui semble s’imposer à l’issue de la période de collecte de signatures de validation. Toutes renaissent des cendres du régime que le peuple s’emploie à abolir. Par conséquent, ces figures dénoncent par leur présence exclusive la stratégie de ravalement électoral que leur régime s’est confectionnée. 
C’est tout de même paradoxal que, dans un contexte de rupture, de revendication de rupture du moins, il n’y ait pas de candidat symbolisant cette aspiration, exprimée par un soulèvement pacifique national, à une mutation politique qualitative ! La traduction de cet état de fait objectif est que ni le contexte, en termes de pouvoir, ni la méthode choisie ne sont aptes à permettre la concrétisation de la volonté populaire largement manifestée pour un changement de paradigme politique.
D’ailleurs, ces candidats qui, dans une autre vie du régime, occupaient des positions subsidiaires ou des rôles d’opposants maison ne semblent eux-mêmes pas convaincus de leur fait. Balbutiants, ils hésitent à se prendre au sérieux après avoir longtemps attendu d’être cooptés ou au moins instruits… La prestation de Tebboune sur la question de la justice aura suffi à indiquer l’impossibilité politique et humaine d’une évolution portée par les résidus du régime.
Le changement qualitatif passe nécessairement par le remplacement du personnel formaté dans le système Bouteflika.
 

M. H.
musthammouche@yahoo.fr


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER